Deux refus qui ne sont pas neutres. Mediapart a transmis à l'AFP un mail par lequel le FN refuse d'accréditer la journaliste qui couvre le parti pour ce site d'information en ligne: "Nous ne pouvons donner suite à votre demande d'accréditation au congrès du Front national en raison du grand nombre de journalistes et photographes pour des raisons de sécurité", est-il affirmé.

Une source au FN a confirmé que Mediapart n'était pas accrédité, tout en précisant que l'accès au congrès avait aussi été refusé au Petit Journal.

OEil pour oeil, dent pour dent

Le FN refuse régulièrement à ces deux médias l'accès à ses évènements. En septembre, une journaliste de Mediapart avait pu suivre normalement à l'Université d'été des jeunes FN à Fréjus, le samedi matin, avant de s'en voir refuser l'accès dans l'après-midi. Plusieurs journalistes avaient alors décidé de ne pas se rendre aux travaux de l'après-midi.

"Mediapart a organisé toute une série de débats pendant la présidentielle. Ils ont dit clairement dans un texte: 'Nous inviterons tous les candidats à la présidentielle sauf Marine Le Pen.' S'ils invitent tout le monde sauf moi, moi j'invite tous les journalistes sauf Mediapart (...). En faisant ça, ils rompent avec la déontologie journalistique", avait répliqué Marine Le Pen Le Pen quelques jours après.

"Mediapart gêne la communication du FN"

"Par nos enquêtes, tant sur les liens de Marine Le Pen avec les ultras de l'extrême droite qu'avec nos révélations sur le financement du FN par une banque russe, on vient gêner la grande entreprise de communication de Marine Le Pen", a réagi auprès de l'AFP François Bonnet, l'un des cofondateurs du site.

"Marine Le Pen n'a toujours pas compris qu'en démocratie une presse est libre et doit être autorisée à couvrir les partis avec les choix éditoriaux des médias et non les siens", a-t-il poursuivi. Il souligne que l'accès de Mediapart à des rendez-vous FN a été refusé "trois fois en un an".