Faute d'autres solutions, ils en appellent à la générosité de leurs lecteurs. Mediapartet Arrêt sur images, deux médias indépendants en ligne, sont visés par un redressement fiscal. Une sanction "absurde et injuste" pour Edwy Plenel, co-fondateur de Mediapart.

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A l'image de leurs confrères numériques, les deux sites devaient, jusqu'en 2014, appliquer un taux de TVA de 19,6 puis 20%, contrairement à la presse papier qui bénéficiait d'un taux réduit de 2,1%. Estimant relever du même droit que la presse écrite, les directions de Mediapart et d'Arrêt sur images ont appliqué le fameux taux de TVA réduit.

"Nous avons prévenu l'administration fiscale. Laquelle n'a pas réagi pendant plusieurs années. Avant d'entreprendre de nous contrôler, puis de nous redresser", peut-on lire sur le site d'Arrêt sur images, créé en 2007 après sa déprogrammation sur France 5.

"Alors que la presse écrite, qu'elle soit imprimée ou en ligne, s'adresse aux mêmes lecteurs, le fisc crée une distorsion de concurrence en nous appliquant une TVA près de dix fois supérieure à celle de nos concurrents imprimés. De plus, cette distorsion de concurrence pénalise la presse numérique indépendante ayant choisi, par son modèle payant, de dépendre de ses seuls lecteurs tandis qu'elle avantage les sites de presse gratuits et publicitaires, adossés à la presse imprimée existante, bénéficiaire du taux réduit de 2,1 %", explique Mediapart sur son site.

Appel aux dons

Le comble dans l'histoire : en 2014, le gouvernement "donne raison" aux deux médias numériques en alignant tous les titres de presse sur le même taux réduit. Une initiative qui n'empêchera pas Mediapart et Arrêt sur images d'être poursuivis par le fisc. Aujourd'hui, les deux titres doivent respectivement 4,1 millions et 540 000 euros au Trésor Public.

Créés en 2007 et 2008, Arrêt sur images et Mediapart font de l'indépendance journalistique la clé de leur succès. Pas question pour les deux médias d'avoir recours au financement d'un industriel ou d'une banque, ni de percevoir de l'argent grâce aux publicités.

Leur seul financement provient donc des abonnements de leurs lecteurs, auxquels ils s'adressent aujourd'hui. Pour sauver leur peau, Mediapart comme Arret sur Images lancent alors une "campagne exceptionnelle de soutien" en en appelant à la générosité de leurs lecteurs.