Sommaire

Numéro du 8 juillet 1968

- L'Europe du Marché commun

- Mai 68 : JJSS, avocat de la défense

- USA-URSS : le grand marchandage

- L'essor des bateaux volants

- Yves Montand au boulot

- John et Yoko, naissance d'un couple de légende

- Au bon chic de la semaine

- La minute des réclames

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L'Europe oui, mais...

La Une du dessinateur Tim illustre la naissance du marché commun le 1er juillet 1968. Un grand pas pour l'Europe, dans l'indifférence générale.

"Le camion, franco-italien, transporte de la bière française. Il franchit un pont au nom symbolique : 'Europe'. Au temps où il 'séparait' la France de l'Allemagne, on l'appelait le pont de Kehl. Ce lundi 1er juillet à 0h, il unit les deux frères ennemis de l'Europe en une fête symbolique et quelque peu dérisoire. Débonnaires, les douaniers des deux pays ont levé les barrières rayées. Douze étoiles d'or sur fond bleu roi, le drapeau de l'Europe, flottent sur leurs baraquements." (Maurice Roy)

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Couverture de L'Express du 8 juillet 1968, numéro 887.

Couverture de L'Express du 8 juillet 1968, numéro 887.

© / L'Express

Mai 68 : Jean-Jacques Servan-Schreiber, avocat de la défense

Après la victoire écrasante de la majorité gaulliste aux élections législatives anticipées du 30 juin, le directeur de L'Express signe un éditorial cinglant à l'encontre du pouvoir toujours en place.

Photo prise le 28 avril 1970 à Paris, de Jean-Jacques Servan-Schreiber. Jean-Jacques Servan-Schreiber est le co-fondateur avec son frère Jean-Louis du magazine L'Express, au départ supplément du journal Les Echos créé par leur père et leur oncle.

(FILES) This file photo taken 28 April 1970 in Paris, shows French journalist and politician Jean-Jacques Servan-Schreiber, the founder of France's weekly news magazine l'Express and politician, who died 07 November 2006 at age 82, his family said. JJSS, as he was often referred to in the French press, founded l'Express in 1953, and briefly served as reform minister in 1974. He headed the Radical party from 1971 to 1979, and then abandoned politics. Born in 1924 in Paris, Servan-Schreiber also wrote numerous books, including "Le defi americain", (The American Challenge) in 1967, which sold 600,000 copies. AFP PHOTO UPI FILES - FRANCE ONLY - 
AFP/UPI FILES/-/STF /sb 
 / AFP PHOTO / UPI

Jean-Jacques Servan-Schreiber, en 1970.

© / AFP

"La mode intellectuelle, encouragée par la restauration électorale, est maintenant de discréditer le mouvement de mai et ceux qui lui ont montré de la sympathie. [...] Ayant été de ceux qui ont vu dans les idées de mai une belle lumière, étant de ceux qui continuent d'espérer qu'elles pourront être prises au sérieux, je suggérerai une réponse, sans verser dans l'invective et l'attaque personnelle, qui marquent, comme toujours, les philippiques des porte-parole de la restauration."

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USA-URSS : le grand marchandage

Signature du traité de non-prolifération nucléaire dans L'Express du 8 juillet 1968.

Signature du traité de non-prolifération nucléaire, dans L'Express du 8 juillet 1968.

© / L'Express

"Il a fallu vingt-trois ans pour qu'un premier pas sérieux soit fait. Le 3 octobre 1945, le président Harry Truman invitait déjà tous les pays à rechercher un accord par lequel ils renonceraient à l'utilisation de l'énergie atomique à des fins militaires. Lundi dernier, le texte du traité de non-dissémination des armes nucléaires, mis au point par la Commission du désarmement siégeant à Genève, dite Commission des 18, était signé simultanément à Moscou, à Londres et à Washington. Cinquante-neuf pays ont apposé leur signature au bas de ce document. Grands absents : la Chine, la République fédérale allemande, et la France qui, précisément ces jours-ci, poursuit ses expériences dans le Pacifique."

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L'essor des bateaux volants

Cinquante ans avant les Sea Bubbles testés en mai dernier sur la Seine, on croyait dur comme fer au succès des aéroglisseurs. Entre les Français et les Anglais, la bataille navale faisait rage pour s'imposer sur le marché.

"Ultimes répétitions, cette semaine, sur les eaux argentées de l'étang de Berre, pour les deux premiers aéroglisseurs français, les Naviplane 300. Fin août, ils doivent assurer, à 100 à l'heure, la desserte de l'aéroport de Nice, en direction de Nice ville, de Cannes et de Saint-Tropez. Le démarrage prévu fin juillet a dû être retardé pour cause de mai.

Les Anglais entendent ne pas être en reste. Ils ont également leur aéroglisseur, baptisé Hovercraft. Depuis deux ans, un modèle de petite dimension était en exploitation régulière à travers la Manche. Forts de cette expérience, ils viennent de lancer un engin sept fois plus gros, le SRN-4, qui pourra emporter, à partir du 1er août, 254 passagers et 30 voitures entre Douvres et Boulogne. En moins de cinquante minutes.

Double sortie, pratiquement simultanée, qui prouve que les concurrents prennent position. Autour de l'aéroglisseur, engin révolutionnaire, véhicule hybride, bateau volant ou avion rase-vagues, un duel commercial farouche se prépare. Les Anglais se consolent de la perte de leur monopole en songeant à l'avance qu'ils conservent. Les Français, qui se sont lancés dans la bataille avec quatre ans de retard, semblent décidés à poursuivre leur politique de grignotement. En appuyant, si possible, sur l'accélérateur. L'enjeu, en effet, paraît de taille. D'un côté comme de l'autre de la Manche, on est convaincu que le marché, pour toutes les applications du véhicule à coussin d'air, est énorme. Une étude de l'Institut du transport aérien parle, dès maintenant, de 200 millions de passagers par an pour la seule Europe."

L'essor des bateaux volants. L'Express du 8 juillet 1968.

Les aéroglisseurs prennent le large, dans L'Express du 8 juillet 1968.

© / L'Express

Yves Montand au boulot

Quand Danièle Heymann rencontre Yves Montand, nul besoin d'avoir le son ou l'image, on s'y croirait.

"Etiré dans un fauteuil de toile, style pétanqueur pendant la sieste, Montand rêve tout haut à tout ce qu'il aurait aimé ne pas faire : 'Je me sentais si paresseux ... Et puis, c'est venu comme ça !' Mâchant ses mots comme des pêches juteuses, il raconte cette bonne fringale de travail qui l'a soudain saisi, par surprise, et à laquelle il s'abandonne corps et coeur, à 47 ans : 'J'ai tourné Un soir un train, avec Delvaux, parce que Delvaux, j'aime bien. J'ai fait le show d'Averty. Et de remettre mon bon vieux costume de scène marron, de sentir mes pieds refaire des claquettes, de savoir qu'avec un peu d'efforts je pourrai à nouveau casser mon corps, plier ma voix, j'ai retrouvé l'appétit de chanter. J'ai signé pour l'Olympia. Débuts le 18 septembre. Je me suis enfermé deux mois à la Colombe d'Or, à Saint-Paul-de-Vence. Huit heures de répétition par jour. Deux heures de danse pour trois petits pas. C'est Zatopek qui disait : 'Pour courir un 1 000 mètres, il faut être capable de tenir 30 kilomètres.' Tu comprends, le tour de chant, c'est ça : donner au public l'impression qu'il peut monter sur scène et en faire autant.'

'Mes premiers spectateurs ? Le serveur de la Colombe, Francis Roux, le patron. A leur tête, à leur façon de se racler la gorge, à leur manière de me dire sans me regarder : 'Tu sais, c'est formidable !' je comprends que ce n'est pas encore ça ! Et puis j'ai enregistré La Bicyclette de Pierre Barouh, ça a bien marché. On a dit que c'était une chanson très opportune, pour ne pas dire opportuniste. C'est faux. Barouh me l'a apportée il y a plus d'un an.'

'Et puis Hitchcock m'a proposé de tourner Topaz, de Leon Uris. J'ai dit non. De Gaulle vu par les Américains, ça ne m'intéresse pas. Après Le Diable par la queue, je vais tourner Z, de Costa-Gavras, parce que Costa-Gavras, j'aime bien. Puis l'Olympia. Trois semaines seulement. Tous ce boulot pour trois semaines... Parce que, tout de suite après, je pars pour Hollywood. Répéter pendant deux mois et tourner une énorme comédie musicale : On a Clear Day You Can See For Ever sous la direction de Minnelli, avec Barbra Streisand... Oui, tu vois, ça va, ça va.' Et comme pour s'excuser, Yves Montand bâille très fort et dit : 'Tout ça n'est rien, pourvu qu'on en ait envie. Un peu comme l'amour, non' ?"(Danièle Heymann)

John et Yoko : naissance d'un couple de légende

John Lennon et Yoko Ono dans L'Express du 8 juillet 1968.

John Lennon et Yoko Ono, dans L'Express du 8 juillet 1968.

© / L'Express

Au bon chic de la semaine

A la pointe de la mode, Madame Express nous propose cette semaine les lunettes-hublots rendues célèbres par Jackie Kennedy.

Madame Express du 8 juillet 1968.

Madame Express du 8 juillet 1968.

© / L'Express

La minute des réclames

En 1968, la Carte bleue, nouveau moyen de paiement, contribue à l'essor de la société de consommation.

Publicité pour la Carte bleue dans L'Express du 8 juillet 1968.

Publicité pour la Carte bleue, dans L'Express du 8 juillet 1968.

© / L'Express