Sommaire
Numéro du 25 novembre 1968
- La crise économique
- Le Général et le ballon rond
- Les laboratoires à fabriquer des sosies
- Maria Callas sans fard
- Jean Genet par André Bercoff
- Le mystère Clouzot
- Au bon chic de la semaine
- La minute des réclames
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La crise économique
En couverture cette semaine, la tête penchée et la mine grave, le Premier ministre Maurice Couve de Murville affronte la crise monétaire. La pression internationale est à son maximum pour contraindre la France à la dévaluation.

L'Express du 25 novembre 1968, numéro 907.
© / L'Express
"Pour le général de Gaulle - dix ans après sa dévaluation réussie de 1958 - surgit maintenant le pire risque politique d'une année 1968 ébranlée en mai par le monde du travail, en novembre par celui du capital. Car une dévaluation peut être salutaire. Encore faut-il la réussir. La France, désemparée, ouvre aujourd'hui les yeux sur les fruits d'une politique, sur sa place dans le monde, sur la nature du vrai combat qu'il lui faut désormais accepter. Un combat qui ne se livrera pas à coups de pavé ni de discours sur l'indépendance, le combat de la compétition économique. L'enjeu : la présence ou l'effacement de la France, par l'expansion ou le sous-développement." (Marc Ullmann)
Le Général et le ballon rond
Six mois après les événements de mai qui n'ont pas épargné le monde du football (le siège de la Fédération Française a été occupé durant cinq jours), la grogne contre les instances du football français ne semble pas avoir faibli. Elle remonte jusqu'au général de Gaulle, par un canal inattendu.

Le général de Gaulle salue les joueurs de l'équipe de Sochaux lors de la finale de la Coupe de France au stade de Combes, le 03 mai 1959.
© / L'Express
"'Alors, mon neveu, tu t'intéresses au football ?' C'est en ces termes que le général de Gaulle a accueilli à l'Elysée, jeudi 14 novembre, son neveu Jacques-Philippe Vendroux, député de Saint-Pierre-et-Miquelon. Celui-ci, ardent amateur de ballon rond, avait envoyé la veille à M. Joseph Comiti, secrétaire d'Etat à la Jeunesse et aux Sports, une sévère question écrite.
Face à la crise du football français, actuellement 'au fond de l'abîme', il suggérait, dans un vocabulaire gaulliste :
1) la démission des dirigeants, qui ont prouvé leur totale inefficacité ;
2) la création d'un Comité de sauvegarde du football français, faisant la place à des 'hommes neufs, raisonnables mais énergiques'.
L'encouragement indirect - et public - donné par le président de la République à son neveu lui laisse espérer que les solutions radicales préconisées dans sa question écrite seront entendues par M. Joseph Comiti."
Les laboratoires à fabriquer des sosies
Dès le début des années 60 - et bien avant le clonage de la brebis Dolly en 1996 ou le débat en cours sur la PMA - le professeur John Gurdon, futur prix Nobel de Médecine en 2012, réussit à reproduire des grenouilles in vitro. L'Express fait le point sur les nombreuses avancées scientifiques en la matière et s'interroge sur les applications possibles à l'homme.

Les débuts du clonage animal, dans L'Express du 25 novembre 1968.
© / L'Express
"Un même homme 'tiré' à cinquante exemplaires, le principe de la photocopie adapté à la biologie : sommes-nous entrés dans cet inquiétant 'meilleur des mondes' que nous prédisait Aldous Huxley en 1931 ? Pas encore. Mais les dernières expériences d'un jeune chercheur d'Oxford, John Gurdon, 35 ans, entrouvrent la porte de cet univers où les bébés se fabriquent en série dans une entreprise spécialisée." (Jacqueline Giraud)
Maria Callas sans fard
Au lendemain du mariage d'Aristote Onassis avec Jackie Kennedy, la célèbre cantatrice se confie avec désillusion.

La cantatrice Maria Callas applaudie par le public du théâtre de l'Odéon, le 5 janvier 1966, lors de la Première du Barbier de Séville.
© / afp.com
"Interviewée par Jacques Bourgeois, Callas se révèle telle que seuls ses amis la connaissent. Détendue, charmante, le contraire d'une star : 'Après trente ans de carrière, dit-elle, hélas, le plus on sait, le moins on sait : alors, par force, nous sommes de grands modestes...' Elle explique, point par point, comment elle travaille un rôle. 'Et voilà pourquoi on a beaucoup de nuits qu'on ne dort pas...' Elle se confie : 'Nous disons mille fois sur scène le vrai amour, la grande loyauté : hélas, je ne crois pas que ça existe dans la vie...' Un aveu qui pourra, de sa part, surprendre : Maria Callas trouve l'opéra 'un art un peu démodé'. 'On ne peut pas chanter 'Je t'aime' sans se rendre ridicule. - Pourquoi ? - Chantez- le-moi, vous allez voir...'" (Sylvie de Nussac)
Jean Genet par André Bercoff

Jean Genet, dans L'Express du 25 novembre 1968.
© / L'Express
"On croit tout savoir de Genet : le bâtard abandonné par sa mère, puis confié par l'Assistance publique à une famille de paysans du Morvan, la maison de correction de Mettray où il sera enfermé à 16 ans, dénoncé pour un petit larcin : ce sera d'emblée sa tare originelle, et sa fierté assumée. Il inaugure ainsi son itinéraire européen des cellules et des expulsions, son marché commun de la pince-monseigneur et de l'homosexualité, jalonné des hauts lieux de son inspiration : Fontevrault, Fresnes, la Santé seront ses Combourg, ses Balbec, ses Manosque."
Le mystère Clouzot
Après l'interruption brutale du tournage de L'Enfer pour des raisons de santé, Henri-Georges Clouzot est de retour au premier plan avec la sortie de son nouveau film, La Prisonnière. L'occasion pour Pierre Billard de plonger dans l'univers de ce réalisateur de grands classiques du cinéma français comme Quai des Orfèvres, Le Salaire de la peur, Les Diaboliques...

Henri-Georges Clouzot, dans L'Express du 25 novembre 1968.
© / L'Express
"Pour son soixante et unième anniversaire, le 20 novembre, Paris a offert un beau cadeau au cinéaste Henri-Georges Clouzot : la bataille de La Prisonnière. Partisans et adversaires de ce film s'affrontent avec passion. Rien de ce que fait Clouzot n'engendre la tiédeur. Et voilà vingt-cinq ans que cela dure."
Au bon chic de la semaine
En 1968, Brigitte Bardot, déjà sensible à la cause animale, n'a pas encore abandonné les plateaux de cinéma pour la défense des bébés phoques au Canada. La mode est à la fourrure et aux peaux de bêtes. L'Express incite les Françaises à se laisser tenter : "Tendances mode 1968-1969, les poils gris, le phoque argent, l'opossum d'Australie, et un revenant allégé et rajeuni par une coupe simple : l'astrakan gris ou noir."

Rubrique Madame Express, dans le numéro du 25 novembre 1968.
© / L'Express
La minute des réclames (alcoolisées)
Sur le tapis angora, le cognac de l'Empereur rapproche les couples...

Publicité pour Courvoisier, dans L'Express du 25 novembre 1968.
© / L'Express
... et le minifût recueille tous les suffrages.

Publicité pour la bière Pelforth, dans L'Express du 25 novembre 1968.
© / L'Express
