Voir l'avenir en vert. Après un plan de relance ambitieux à hauteur de huit milliards d'euros voté en mai 2020, le monde de l'automobile veut se donner les moyens d'aller plus vite, plus loin, dans sa transition écologique. Le passage d'un moteur thermique à électrique nécessitera un "plan Marshall" deux fois plus important, de plus de 17 milliards d'euros d'investissements d'ici à 2025, selon le secteur qui s'appuie sur un rapport du cabinet McKinsey. Pour le financer, il en appelle à l'État et à Emmanuel Macron. Le président doit donc recevoir ce lundi les constructeurs, équipementiers, partenaires sociaux et représentants des filières.
Il faut dire que le temps presse. La Commission européenne devrait proposer, mercredi, l'interdiction des moteurs thermiques d'ici 2035 afin de tenir ses engagements concernant la limitation du réchauffement climatique.
A l'Élysée, les discussions devraient plus spécifiquement porter sur "un plan détaillé de transition, avec une ambition forte sur les activités d'avenir (batteries, hydrogène, électronique de puissance, logiciels embarqués, bornes de recharge, etc.) et un accompagnement renforcé de l'ensemble de la filière touchée par cette transition", selon l'Élysée. Où en est-on actuellement ? Le point en infographies.
De plus en plus de véhicules électriques en circulation
C'est un fait, le parc automobile électrique français s'agrandit de mois en mois et dépasse les 600 000 véhicules, selon les chiffres communiqués à la mi-mai. La filière s'est fixé un objectif d'un million de véhicules électriques et hybrides rechargeables sur les routes du pays d'ici 2022. La marche paraît haute, mais la dynamique est plutôt bonne.
"Précisément, 38 708 véhicules électriques et hybrides rechargeables ont été mis à la route en juin 2021, et c'est un record", a notamment annoncé mercredi l'Association nationale pour le développement de la mobilité électrique (Avere). Cet élan est aussi porté par le bonus écologique en vigueur à l'achat ou à la location de véhicules neufs émettant peu de CO2.

Evolution du parc automobile électrique français depuis 2010
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La part de l'électrique dans les immatriculations croît également, malgré une baisse globale de 25% des certificats émis en France en 2020, due au Covid-19. Près de 200 000 véhicules "propres" neufs, en comptant les hybrides, sont arrivés sur les routes du pays l'an passé. Et le rythme ne ralentit pas. Quelque 72 511 voitures électriques ont déjà été immatriculées en France en 2021.
A ce rythme, le score de l'an passé (plus de 110 000 véhicules de cette catégorie) devrait être largement battu. Là encore, du chemin reste à parcourir, le nombre d'immatriculations reste dominé à près de 90% par les véhicules aux moteurs thermiques. Le parc automobile français compte dans son ensemble 32 millions de voitures particulières, dont une large majorité de moteurs diesel et essence.

Immatriculations de véhicules particuliers légers en France
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Le cumul - baisse des immatriculations générale et hausse de l'électrique - fait ainsi chuter le taux moyen des émissions de CO2 des véhicules neufs en France. Celui-ci est passé sous la barre des 100g de CO2/km. C'est 50% de moins qu'il y a 25 ans. A l'échelle du continent, c'est plus que les Pays-Bas (83g de CO2/km), le champion européen. Mais aussi beaucoup moins que l'Allemagne (113) ou encore le Royaume-Uni (106).

Taux moyen d'émissions de CO2 des véhicules neufs en France
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Bornes de recharge : le compte n'y est pas
En revanche, la France est en retard concernant le déploiement de ses bornes de recharge électrique publiques. Environ 33 300 sont installées à ce jour, quand 100 000 étaient prévues entre fin 2021 et début 2022, selon l'Association pour le développement de la mobilité électrique (Avere).
Quelque 8,5 milliards d'euros seraient nécessaires pour accélérer le déploiement de ces bornes. La France compte en ce moment en moyenne 1 point de recharge pour 12 véhicules 100 % électriques (pour 16 avec les hybrides rechargeables).

Nombre de bornes de recharge publiques en France (depuis 2014)
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"En parallèle, il est à relever que 90 % des utilisateurs de modèles électrifiés rechargeables rechargent leurs véhicules à domicile ou sur leur lieu de travail", note l'Avere. "C'est pourquoi outre la recharge publique, il est nécessaire de développer les possibilités de recharge privées, notamment dans les copropriétés." Celles-ci sont déjà beaucoup plus nombreuses que les publiques, avec 212 000 spots disséminés dans l'Hexagone.
