La réputation d'Apple comme gardien de la vie privée va en prendre un coup. Une société de sécurité informatique russe, Elcomsoft, a constaté que le géant américain conservait la liste des appels passés sur iPhone, révèle The Intercept. L'archivage des journaux d'appels - numéros, durées et heures des appels - concernerait tous les iPhone fonctionnant sur iOS 9 et plus, une fois l'iCloud activé. Le service FaceTime serait également touché.
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A aucun moment ce transfert n'est mentionné par Apple. L'utilisateur sait que certaines données sont automatiquement archivées dans l'iCloud, comme les mails, le calendrier, les photos et les notes, mais pas les appels. Surtout, l'archivage des appels ne peut même pas être paramétré.
Accès aux données personnelles
A l'inverse d'un iPhone, les données stockées sur iCloud ne sont pas chiffrées de bout en bout. Apple a donc accès à ces données et peut être forcé de collaborer et divulguer les données de l'utilisateur, en cas de poursuites judiciaires.
"Nous offrons la synchronisation de l'historique des appels pour permettre aux clients de rappeler [l'interlocuteur] depuis n'importe quel appareil", se justifie un porte-parole du groupe cité par The Intercept. "Les données de l'appareil sont chiffrées avec le mot de passe de l'utilisateur et l'accès aux données de l'iCloud, dont celles des sauvegardes, requiert l'identifiant Apple de l'utilisateur et son mot de passe."
Talon d'Achille
L'iCloud est "vraiment le talon d'Achille d'Apple en matière de sécurité", indique Chris Soghoian, chercheur en sécurité informatique et membre de l'American Civil Liberties Union, interrogé par The Intercept. Vladimir Katalov, le PDG d'Elcomsoft, propose sa solution: Apple devrait "simplement ajouter une option pour désactiver la synchronisation des journaux d'appels, comme il le fait déjà avec les calendriers et autres applis".
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Jusqu'alors, la marque à la pomme se targuait de protéger de la vie privée de ses utilisateurs. Surtout depuis qu'elle avait tenu tête au FBI, en février dernier, en refusant de cracker l'iPhone du terroriste Syed Farook, auteur de l'attentat de San Bernardino.
