Après deux mois de débats, StopCovid est enfin là. Comme promis, l'application de traçage numérique du gouvernement fonctionne sur les systèmes d'exploitation d'Apple et de Google, et repose sur le volontariat. Elle pourrait toutefois s'avérer inutile, faute de malades à identifier. Ce qui ne veut pas dire que les polémiques autour de cette technologie disparaîtront avec l'épidémie de coronavirus. En France, le secrétaire d'Etat au Numérique, Cédric O, a été clair : StopCovid disparaîtra avec le Covid-19. Mais à l'étranger, ce traçage numérique pourrait être pérennisé.
Comme souvent, les regards se tournent vers la Chine. La ville de Hangzhou (10 millions d'habitants) prépare ainsi une application accordant une note allant de 0 à 100 à tous les utilisateurs, selon leur activité physique, leur consommation de tabac ou d'alcool. Avec toutes les conséquences que l'on peut anticiper, par exemple en matière de prise en charge des soins médicaux.
Bientôt StopGrippe ?
Il est peu probable que nos politiques prennent ce cas extrême pour exemple à court terme. Mais certains pourraient être tentés de rappeler que la grippe tue 10 000 personnes chaque année, avec un mode de contamination proche de celui du Covid-19. Si une application comme StopCovid permet - en théorie - de sauver des vies, pourquoi ne pas développer StopGrippe ?
LIRE AUSSI >> Les ratés de l'application de traçage StopCovid
Ne trouverons-nous pas un jour un politique en mal de notoriété pour proposer StopRhume, non pour éviter des morts, mais pour limiter les contaminations et réduire la facture de l'absence au travail ? Ne nous méprenons pas : StopCovid n'a pas ouvert le débat, inéluctable, sur le suivi sanitaire par la donnée. Mais elle a permis à certains de comprendre que c'est le chemin que nous prenons. Charge à nos dirigeants de nous mener vers un système de santé plus efficace, et non vers la caricature d'un mauvais film de science-fiction.
