"Des outils limités", "dépassés", "une multiplicité de plateformes" incompatibles entre elles... Les espions français ont eu bien du mal à communiquer par visioconférence durant les périodes de confinement. Les réunions interservices, souvent sensibles, devant respecter le secret de la défense nationale, hors de question, donc, d'utiliser Zoom ou Microsoft Teams.

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Problème, entre les solutions internes et sécurisées développées par certaines équipes et celles acquises clefs en main auprès d'industriels par d'autres, ces technologies se sont avérées incapables de se connecter les unes aux autres. Le plus mal loti, le Service central du renseignement territorial (SCRT), a particulièrement souffert de cette fracture technologique. "La pandémie a démontré que nous travaillons comme à l'époque de la présidence de Jacques Chirac", note l'un d'eux.

Vers un outil de visioconférence sécurisé et souverain ?

Un constat accablant relayé par la députée LREM Françoise Dumas, présidente de la délégation parlementaire au renseignement. Dans son dernier rapport annuel, elle recommande donc de créer un outil unique, sécurisé et souverain. "Cela permettrait d'éviter la multiplicité des applications et devrait s'inscrire, techniquement et financièrement, dans le cadre des investissements nécessaires à la modernisation de l'Etat", explique-t-elle à L'Express.

L'Agence nationale de la sécurité des systèmes d'information pourrait se voir confier cette mission. Le ministère des Armées, lui, a réglé ce problème pour ses communications interalliées : il utilise souvent les moyens... américains !