Greenpeace a appelé vendredi les plus gros consommateurs mondiaux d'huile de palme à suivre l'exemple du géant Unilever, qui s'est engagé jeudi à se fournir auprès de " sources certifiées durables " à l'horizon 2012. Elle estime que la " nouvelle position de cette société devrait pousser les autorités indonésiennes à prendre des mesures plus agressives afin d'arrêter la déforestation ". L'organisation écologiste a demandé aux sociétés Procter and Gamble et Nestlé de cesser dès maintenant d'acheter de l'huile de palme auprès de sociétés qui rasent des zones boisées, notamment sur tourbières. Unilever a annoncé jeudi qu?elle " commencera à utiliser de l'huile de palme certifiée dans la deuxième moitié de 2008, lorsque celle-ci sera disponible, et se donne pour objectif de pouvoir tracer toute l'huile de palme utilisée en Europe d'ici 2012 ".

L'Indonésie a dépassé la Malaisie pour devenir le premier producteur mondial de ce produit utilisé notamment dans la margarine, le rouge à lèvres, les crèmes glacées, les shampooings, les barres chocolatées ou les biocarburants. Ces dernières années, Jakarta a délivré sans compter des autorisations d'exploitation de palmiers à huile et les plantations continuent à gagner du terrain au détriment des forêts tropicales. Mais la déforestation, surtout de zones sur tourbières, un écosystème très spécial composé d'une accumulation de matières organiques, conduit à libérer d'énormes quantités de carbone. L'Indonésie est devenu pour cette raison le 3ème plus gros émetteur de gaz à effet de serre (GES), juste derrière les Etats-Unis et la Chine.