Il vous remet une lettre de mise à pied et vous fait raccompagner à l'extérieur de l'entreprise. Parallèlement, une lettre de convocation à un entretien de licenciement vous est envoyée. Cet entretien se tient généralement la semaine suivante et, deux jours après, l'employeur vous adresse la lettre de licenciement listant ses motifs. Vous ne faites plus partie des effectifs de l'entreprise à compter du lendemain.
Si l'on fait abstraction des véritables cas de fautes graves ou lourdes, on rencontre ces procédures dans deux sortes de situations : - l'employeur a décidé de licencier le salarié, mais ne veut payer ni les indemnités ni le préavis ; - l'employeur a décidé de licencier un collaborateur pour des raisons d'organisation ou de faute, mais souhaite exclure physiquement le salarié dès l'annonce de la procédure. C'est le cas s'il ne le supporte plus ou s'il craint des actions nuisibles à l'entreprise : dénigrement, sabotages informatiques, copie du fichier clients pour l'emporter chez un concurrent...
Lorsque l'employeur utilise cette procédure, il cherche principalement à se protéger et à étayer sa future argumentation devant le tribunal : le salarié se transforme en individu dangereux. Il est généralement conseillé par des avocats qui renvoient une image d'autant plus caricaturale du collaborateur qu'ils ne le connaissent pas. Leurs recommandations seront orientées vers l'intimidation et la future procédure judiciaire.
Une situation particulièrement éprouvante
Le principe consiste à vous faire passer pour un " bandit " pour justifier de la violence de la démarche. Ainsi, tous les courriers, toutes les déclarations vous concernant seront particulièrement diffamants, ou vous apparaîtront comme tels. Ne cédez pas à la révolte, à la remise en question trop violente. Soyez pragmatique, prenez bien conscience qu'il s'agit avant tout d'une histoire d'argent pour votre employeur. Personne n'est véritablement convaincu que vous êtes cet homme ou cette femme que l'on décrit. Vous avez dix jours pour vous " reprendre " et surtout pour appeler un avocat spécialisé qui vous aidera à rédiger les courriers de contestation de la mise à pied puis du licenciement. Ce dernier négociera ensuite en votre nom avec l'entreprise et ses avocats, ou plaidera aux prud'hommes. Essayez de ne pas tomber dans les pièges de l'amour propre bafoué, là n'est pas la question. Il s'agit pour vous de négocier une somme d'argent convenable ou de prendre le risque d'aller aux prud'hommes si l'entreprise n'ouvre pas suffisamment la négociation. Vous pouvez par ailleurs, si la façon dont l'employeur vous a signifié votre mise à pied était particulièrement dégradante et vexatoire, renchérir auprès des tribunaux sur l'intention de nuire ou la " légèreté blâmable ".