Parmi les écoles qui composent l'hétéroclite maillage éducatif ontarien, l'une d'entre elles bat sa propre mesure. TFS - L'école internationale du Canada, consacre, en trois lettres, toute une histoire. Pionnière du système d'immersion en français, elle doit sa genèse aux tensions linguistiques qui secouent le Canada des années 1960. À cette époque charnière, l'établissement est considéré comme un idéal précurseur. De fait, il contribue au renforcement du sentiment d'unité nationale tant l'idée d'offrir une éducation en français à de jeunes ontariens anglophones le hisse au rang de symbole d'une volonté de rapprochement des deux cultures.
Soixante ans plus tard, l'école n'a rien perdu de cette vocation d'ouverture sur l'autre et sur le monde. Au sein de son campus de Toronto comme sur celui de la ville voisine de Mississauga, TFS est une communauté reconnue pour sa diversité où familles établies au Canada et expatriés de passage se côtoient dans un esprit de convivialité. Mais sa renommée, TFS l'a surtout forgée dans l'ambition académique qu'elle suscite auprès de ses élèves, l'éveil de leur curiosité intellectuelle, le développement de leur esprit critique et de leur regard international.

À Toronto, l'éducation française s'écrit sur une partition canadienne
© / -(C) TFS
Un environnement interculturel et bienveillant
À l'évidence, c'est en connaissance de cause que Sophia Argi et son époux Ali El Moutea ont poussé les portes de La p'tite école et de la Junior School pour y scolariser leurs trois garçons. Originaires du Maroc, ils louent sans ambages les qualités du système français. Eux-mêmes en sont issus. Cela étant, le couple a tout autant été séduit par l'identité nord-américaine de l'école. "Pour nous, la prouesse de TFS, c'est de parvenir à allier deux modèles d'excellence, celui de la France, sa rigueur intellectuelle, son esprit critique, et celui de l'Amérique du nord, notamment le dépassement de soi qu'il promeut. Cet équilibre permet d'offrir le meilleur des deux mondes à nos enfants " s'enthousiasment les jeunes parents.
En effet, si au détour d'un couloir de TFS, il fait beau s'émerveiller à l'écoute d'une Fable de La Fontaine ou retrouver la ferveur d'un cours d'histoire sur l'Europe des Lumières, il n'en demeure pas moins que l'établissement s'inscrit dans une forme de tradition anglo-saxonne. " L'école dispose d'infrastructures exceptionnelles. Ses faux airs de Poudlard donnent la sensation de pénétrer dans un univers onirique qui sent bon la bienveillance " confie Sofia Argi. "Et une fois à l'intérieur, on se sent un peu en France tout en évoluant à l'international, renchérit Ali El Moutea. Ici, nos enfants s'épanouissent en français en même temps qu'ils apprennent l'anglais. "
Pour cette famille d'expatriés, un atout supplémentaire contribue à cette ouverture d'esprit qui caractérise l'établissement : l'approche positive du modèle éducatif. " Le côté très humain de TFS a permis à nos enfants de s'intégrer rapidement à l'école. En outre, il nous a sauté aux yeux que l'accompagnement y est davantage personnalisé qu'ailleurs. Chaque enfant a la possibilité d'avancer à son propre rythme, on a vu les nôtres prendre confiance en eux de manière significative ", poursuivent-ils. Certainement à l'image des familles francophones de l'école, la famille El-Moutea a-t-elle trouvé à TFS la clé d'une expatriation riche en aventure sans jamais perdre la France de vue !

À Toronto, l'éducation française s'écrit sur une partition canadienne
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