C'est un défi original, qui prend une saveur particulière en ces temps de confinement : 100 jours pour être mieux outillée afin d'exprimer son ambition, pour développer sa confiance en soi, oser prendre des risques et renforcer sa capacité d'influence. Jeudi 26 mars, malgré le confinement, vingt-cinq participantes françaises étaient rivées à leur téléphone pour un appel consacré au lancement de la nouvelle promotion de l'Effet A (comme ambition), avant un premier atelier (virtuel), le 4 avril prochain, .
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L'initiative est née il y a cinq ans au Canada, sous l'impulsion d'une poignée de femmes d'affaires, au premier rang desquelles Isabelle Hudon, alors présidente de la société d'assurance Financière Sun Life Québec, aujourd'hui ambassadrice du Canada en France. Celle qui a été nommée à 35 ans présidente de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain ressent alors la nécessité d'aller au-delà du constat sans cesse dressé sur la (faible) place des femmes dans l'économie : "L'action est la clé du changement", croit-elle. Son défi à elle ? Convaincre dix dirigeants, dans un délai de 100 jours, d'identifier dans leur entreprise de jeunes femmes pour les aider à accéder à des postes de haut niveau. Il s'agit aussi pour Isabelle Hudon, qui entraîne dans son mouvement d'autres dirigeantes québécoises, de rendre légitime l'ambition au féminin, trop souvent mal comprise, voire décriée.
L'Effet A était lancé. Avec l'aide du cabinet Skillable, spécialisé dans l'approche comportementale, un parcours de 100 jours est mis au point. Il mêle introspection individuelle, ateliers collectifs, conférences avec des leaders inspirants, échanges au sein du réseau et surtout action concrètes. Car le point de départ (et d'arrivée !), c'est un défi que chaque participante doit se fixer d'atteindre à l'issue des 100 jours. "Ce n'est pas une formation, c'est une expérience, qui doit conduire à poser des gestes précis", explique Isabelle Marquis, co-créatrice de l'Effet A. A Montréal, 11 promotions ont déjà accompli le parcours, soit quelque 3500 femmes.
Eprouver la différence entre proximité et présence
A Paris, c'est la deuxième promotion qui a démarré le 26 mars, autour d'un appel téléphonique au lieu d'une réunion physique, confinement oblige. "Il est encore plus important, dans le contexte actuel, de rester brancher sur le monde extérieur, souligne Isabelle Hudon. Les interconnexions et interactions avec les autres contribuent à notre équilibre mental". Pour Benoît Savard, patron de Skillable, se développer, apprendre, apparaît encore plus nécessaire dans les circonstances actuelles : "La crise, c'est un rendez-vous unique avec soi-même, assure ce consultant spécialisé en ressources humaines et transformation. Cela permet de voir comment on fait face, si on sait s'adapter, saisir les opportunités."
Ce parcours de 100 jours, reformaté version "confinement", représente aussi une belle occasion, avec le recours aux outils virtuels, et à l'heure du on-line triomphant, de découvrir la différence entre proximité et présence, souligne Benoît Savard. La proximité, c'est une des valeurs clefs prônée par l'Effet A, qui encourage ses participantes à s'écouter et s'épauler, pour former une communauté d'entraide.
L'autre élément clef, c'est évidemment l'ambition, celle qu'on exprime et qu'on réalise. "Se fixer un objectif dont on peut mesurer l'impact rapidement, cela donne une impulsion, et le sentiment d'avancer", reconnaît Laure Châtillon, associée chez PWC France, qui était de la première promotion française, l'automne dernier. 100 jours, c'est aussi un délai suffisamment court pour maintenir une certaine tension, et suffisamment long pour progresser par "micro-apprentissage", explique Benoît Savard. L'approche a déjà séduit plusieurs entreprises en France, parmi lesquelles Accenture, CGI, Crédit Agricole, GRDF, SFR ou encore Yves Rocher.
