"On perd une référence, un immense syndicaliste, un des fondateurs de notre type de syndicalisme, et donc c'est un jour très très triste", confie dimanche Laurent Berger. L'actuel numéro un de la CFDT réagit ainsi à la mort de son prédécesseur, de 1971 à 1988, et figure du "recentrage". Edmond Maire, est décédé ce même jour, à l'âge de 86 ans "des suites d'une maladie", comme l'a expliqué sa famille à l'AFP.

"Faire bouger les choses"

"Il nous a appris à regarder un peu plus la réalité en face. C'est le père de ce qu'on essaye de faire depuis de nombreuses années, c'est-à-dire de recentrer sur le quotidien des travailleurs, de tenir notre place d'organisation syndicale, de ne pas être des commentateurs mais d'essayer de faire bouger les choses dans les entreprises, sur les lieux de travail, mais aussi au niveau de la société", a-t-il développé."Pour moi, c'était un repère, comme je crois pour de nombreux syndicalistes", a ajouté le leader de la CFDT, très ému.

A l'issue de son rapport d'ouverture lors du 39me congrs de la CFDT Edmond Maire (G), secrŽtaire gŽnŽral, discute avec le secrŽtaire national Jacques Chrque, ˆ Metz le 25 mai 1982.

Edmond Maire (G), secrétaire général, discute avec le secrétaire national Jacques Chérèque, à Metz le 25 mai 1982.

© / J.-C. Delmas/AFP

"C'est pour le syndicalisme français, pour la CFDT, pour la société française, une immense perte, un grand penseur de la transformation sociale, de la démocratie", a poursuivi Laurent Berger, qui voit en Edmond Maire, un "personnage qui n'a jamais dévié sur son souci d'émancipation des salariés, jamais dévié sur sa recherche de la démocratie, jamais menti".

Réformisme syndical

Né en 1931 dans un famille catholique, chimiste de formation, Edmond Maire avait participé à la création de la CFDT en 1964, née d'une scission de la CFTC, avant d'en devenir le secrétaire général en 1971. Il engagera en 1978 le "recentrage" de la CFDT, qui adoptera avec lui la ligne du "réformisme", avant de passer la main à son successeur Jean Kaspar, en 1988.

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Edmond Maire avait fait ses dernières apparitions publiques en juillet 2016, lors de l'hommage national à l'ancien Premier ministre Michel Rocard, et en janvier dernier aux obsèques de François Chérèque, l'un de ses successeurs à la tête de la CFDT.