La crise du football français s'aggrave. L'appel d'offres pour la réattribution de l'essentiel des droits télévisés de Ligue 1 et de Ligue 2 s'est révélé infructueux, a annoncé lundi le président du syndicat des joueurs, Philippe Piat, membre du conseil d'administration de la Ligue de football professionnel (LFP).
Cet échec est un coup dur de plus pour les clubs professionnels, qui anticipent des pertes d'1,3 milliard d'euros en fin de saison, dans un contexte déjà troublé par la pandémie... La situation reste très incertaine, et on ne sait toujours pas qui va diffuser le "Classique" OM-PSG programmé dimanche à 21 heures au stade Vélodrome. Les prochaines heures s'annoncent cruciales.
La LFP se donne quelques jours pour réfléchir aux acteurs inattendus qui se sont proposés, à savoir le géant du commerce en ligne Amazon, la plateforme de streaming DAZN et le groupe Discovery. Inattendus car aucun d'eux ne s'est jamais intéressé jusqu'ici à la diffusion des matchs du championnat français. Mais ces trois groupes, surprenants dans cette consultation de marché boycottée par Canal+ et beIN Sports, n'ont pas atteint le prix de réserve fixé par la Ligue.
Vers des négociations de gré à gré
Désormais les négociations devraient se faire de gré à gré pour attribuer les droits, a précisé Philippe Piat en sortant du siège de la LFP : "Les offres des candidats étaient inférieures aux prix de réserve, fin du match". "Je ne peux pas vous répondre mais la situation est intéressante", a commenté pour sa part le président de l'Olympique lyonnais, Jean-Michel Aulas, également membre du comité de pilotage.
L'espoir est notamment suscité par Amazon, sans doute l'acteur le plus attendu. Le "Gafa", qui diffuse des événements sportifs sur sa plateforme Prime, s'est récemment positionné sur le tennis mais aussi sur le football, avec une vingtaine de matches par an en Premier League anglaise, et des rencontres de Ligue des champions en Allemagne et en Italie. "L'offre d'Amazon est vraiment intéressante via leur plateforme Prime vidéo. C'est la bonne surprise de la soirée", a affirmé l'un des participants, cité par RMC Sport.
La LFP s'est donné un délai de 48 heures de réflexion "pour définir les prochaines étapes de la commercialisation de ses droits", selon un communiqué.
Quelle stratégie pour Canal+ ?
Reste à savoir si Canal+ et la LFP, en plein conflit juridique sur les modalités de l'appel d'offres, reprendront le dialogue. La chaîne cryptée, qui diffuse les 20% restants de la Ligue 1 pour 330 millions d'euros par an, estime avoir "surévalué" la valeur de ces matches dans le contexte de 2018 et souhaite que l'intégralité des rencontres soit remise en concurrence dans un appel d'offres global. Elle a même porté un recours devant le tribunal de commerce de Paris en ce sens, avec une audience programmée le 19 février qui pourrait invalider la procédure a posteriori. Sur ce dossier, l'Autorité de la concurrence a également confirmé lundi avoir été saisie par Canal+.
Dans ce contexte, le groupe de Vivendi, dirigé par Vincent Bolloré, pourrait faire annuler la procédure en justice après coup si un autre diffuseur venait à sortir du chapeau. À moins, donc, qu'il ne prévoie une offre au rabais en espérant avoir découragé les autres concurrents...
Quelle chaîne pour OM-PSG dimanche ?
En ce qui concerne le "Classique" de dimanche entre l'Olympique de Marseille et le Paris Saint-Germain, la question du diffuseur plane encore. Selon RMC Sport, il est encore possible que la rencontre soit émise par la chaîne du groupe Mediapro, Téléfoot. Le site de la station spécialisée explique ainsi que Téléfoot s'est engagé à diffuser les rencontres de Ligue 1 tant que cela serait nécessaire, mais il est aussi possible que BeIN Sports paye ce qu'il doit à la LFP pour diffuser le match, car la chaîne possède le lot 3 comprenant le match de 21 heures programmé le dimanche.
Comme l'affirme L'Équipe, M6, de son côté, a réitéré lundi soir sa proposition de diffuser le match afin de ne pas en priver les supporters.
