Qui connaît Square ? Personne ou presque. Et pourtant, des deux start-up fondées et dirigées par le patron de Twitter, Jack Dorsey, c'est bien la première qui pèse le plus - 110 milliards de dollars de capitalisation à Wall Street - et qui ne cesse surtout de se développer. La société américaine spécialisée dans le paiement numérique vient ainsi d'annoncer l'acquisition de l'australien Afterpay pour une somme pharaonique : 29 milliards de dollars ! Même les Gafam n'ont jamais mis autant sur la table pour s'offrir une entreprise. Microsoft n'a déboursé "que" 26,2 milliard de dollars pour s'offrir LinkedIn.

Afterpay, qui sera absorbée par Square début 2022, n'est pas une société comme les autres. La start-up fondée en 2014 et basée à Melbourne est l'un des leaders mondiaux avec le suédois Klarna d'une technique de paiement très en vogue partout sur la planète, surtout depuis 18 mois et l'explosion du commerce en ligne : le paiement fractionné et différé, plus connu sous le nom de "buy now, pay later", c'est-à-dire "acheter maintenant, payer plus tard". Sur le papier, cette activité n'a rien de révolutionnaire. Elle s'apparente à du crédit classique sur très courte durée, entre quelques jours et quelques semaines...

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Alors pourquoi la pépite Afterpay vaut-elle autant ? Tout simplement parce que comme quelques autres acteur du secteur, la société australienne et ses quelque 1000 salariés est l'une des seules capables d'analyser et d'exploiter les données de paiement, ce qui lui permet de faire une chose que les acteurs financiers traditionnels comme les banques ont commencé à faire avec une série d'acquisitions : pousser des solutions de paiement (paiement en trois ou quatre fois sur une période allant jusqu'à 90 jours) quasi instantanément, en ligne et en magasins, permettant aux entreprises clientes d'augmenter les volumes de vente.

Afterpay n'est évidemment pas seul sur le créneau. Beaucoup d'acteurs ont compris qu'après les données personnelles (genre, âge, activités...) qui ont permis aux Facebook et Google de devenir des géants, les données de paiement étaient devenues le nouvel eldorado. Le secteur compte d'ailleurs déjà plusieurs mastodontes. Outre Square, il y a l'Américain d'origine irlandaise Stripe, qui n'est pas encore coté mais dont la valorisation approche les 100 milliards de dollars, ou encore le Néerlandais Adyen dont la capitalisation (69 milliards d'euros) est déjà supérieure à celle de BNP Paribas (65 milliards d'euros)... qui est pourtant la plus grosse banque du continent européen.