Collision de Paul Haggis

2006: Collision de Paul Haggis,En cette année où La revanche des Sith a dominé le box-office, un favori semble se détacher à la veille de la remise des Oscars: Le secret de Brokeback Mountain, Ours d'Or à Berlin et riche de huit nominations. A l'arrivée, il doit pourtant se contenter de trois trophées... et voit celui du meilleur film lui échapper. Le vainqueur? Un premier long métrage choral signé Paul Haggis, scénariste de Million dollar baby. Son Collision a beau n'avoir cumulé que 54 millions de dollars de recettes, il s'impose dans la catégorie reine. Certains crieront à l'homophobie latente d'une partie des votants pour expliquer ce résultat. D'autres dénonceront l'appartenance à l'Eglise de Scientologie d'Haggis.

Collision de Paul Haggis

Little Miss Sunshine

2007: Little Miss Sunshine de Jonathan Dayton et Valerie Faris,La belle histoire de ce premier long métrage mettant en scène une famille joyeusement dysfonctionnelle débute au festival de Sundance en 2006, dont il repart couronné du Grand Prix. Dès lors, le buzz ne cessera de se développer. Au point de le retrouver nommé 4 fois aux Oscars. En meilleur film, il doit faire face à de vrais poids lourds: Babel, The Queen, Lettres d'Iwo Jima et Les infiltrés qui remportera la statuette. Mais Little Miss Sunshine repartira avec deux trophées: scénario original et second rôle masculin (Alan Arkin qui triomphe du favori annoncé: Eddie Murphy pour Dreamgirls). Un vrai phénomène.

Little Miss Sunshine

Juno

2008: Juno de Jason Reitman,Après Little Miss Sunshine l'année précédente, tout le monde a tenté de dénicher la pépite surprise de 2007 au festival de Sundance. Mauvaise pioche puisque c'est à Toronto, qu'elle a surgi. Aux commandes: Jason Reitman, qui s'était fait remarquer avec Thank you for smoking. Il porte ici à l'écran le premier scénario d'une ex-stripteaseuse Diablo Cody qui a imaginé cette histoire d'une fille de 16 ans tombant enceinte par accident. Et des quatre nominations aux Oscars obtenues par le film, c'est elle qui remporte la fameuse statuette face notamment à Michael Clayton et Ratatouille.

Juno

slumdog millionaire

2009: Slumdog millionaire de Danny Boyle,Toronto est plus que jamais " the place to be " pour lancer sa campagne des Oscars. Et encore plus cette année- là puisqu'avant qu'il soit sélectionné dans le célèbre festival canadien, aucun distributeur américain ne s'était précipité pour acquérir ce film de Danny Boyle. Des standing ovations à répétition et un Prix du public plus tard, la donne avait changé. Slumdog millionnaire triomphera en salles... et aux Oscars avec 8 trophées sur 10 nominations, dont celui du meilleur film face notamment à Harvey Milk et Benjamin Button.

slumdog millionaire

Precious

2010: Precious de Lee Daniels,A Sundance en février 2009, le nom de ce mélo mettant en scène une jeune femme obèse, analphabète et mère d'une petite fille trisomique née d'un viol commis par son père, est sur toutes les lèvres. Il y cumule le Grand Prix du Jury et celui du public. Le buzz lancé va être amplifié par le coup de foudre de l'animatrice Oprah Winfrey pour le film. Sa puissance de frappe promotionnelle le transforme en phénomène et lui permet de faire une campagne digne de ce nom pour les Oscars où il décroche 6 nominations, dont meilleur film. Il repartira avec deux trophées: second rôle féminin (Mo'Nique) et meilleure adaptation.

Precious

winter's bone

2011: Winter's bone de Debra Granik,Si le premier long de Debra Granik, Down to the bone, était passé inaperçu en 2004, son deuxième connaîtra une carrière bien différente. Récompensé du Grand Prix de Sundance et du trophée du meilleur scénario, il repart aussi primé de Berlin. Tourné avec un budget de 2 millions de dollars, il n'en rapportera que 6 mais décrochera 4 nominations à l'Oscar dont meilleur film et meilleure actrice pour Jennifer Lawrence, dont le statut change avec sa magnifique composition d'une jeune fille tentant de sauver envers et contre tous sa famille. Hélas pour eux, cette année-là, Le discours d'un roi trustera tous les prix.

winter's bone

The artist

2012: The artist de Michel Hazanavicius,Au départ, personne n'y croyait. Un film muet et en noir et blanc n'avait aucune chance de trouver son public. Mais Thomas Langmann est arrivé et le rêve du réalisateur d'OSS 117 a pu devenir réalité. Puis, Harvey Weinstein, passé maître dans les campagnes pour les Oscars (Shakespeare in love...) s'est penché sur son berceau avant même que le film n'enthousiasme Cannes. Sur la Croisette, Jean Dujardin remporte le prix d'interprétation. Mais pour les Américains, c'est avec l'accueil enthousiaste reçu par le film à Toronto que la course aux Oscars est lancée. Course gagnante puisque The artist remportera cinq trophées dont meilleur acteur, réalisateur et film. Au lendemain, de son triomphe, des unes de journaux fleurent bon le racisme anti-Français made in Bush. Vous avez dit mauvais perdants?

The artist

Les bêtes du sud sauvage

2013: Les bêtes du Sud sauvage de Benh Zeitlin,C'est une fois encore à Sundance que la belle histoire de ce premier long a débuté. Le Grand Prix du jury est venu saluer ce portrait d'une petite sauvageonne de 6 ans (sur)vivant avec son père malade dans une région inondée du delta du Mississipi. Dès lors, il devient une véritable machine à collecter des trophées: Cannes (Caméra d'Or), Deauville, Londres... Et dans une année sans grand favori, Les bêtes du Sud sauvage pourrait tirer son épingle du jeu. Son interprète principale, Quvenzhané Wallis, pourrait même devenir à 9 ans la plus jeune lauréate de l'histoire, record jusqu'ici détenue par Tatum O'Neal primée à 10 ans pour La barbe à papa en 1974.

les bêtes du sud sauvage un certain regard