Les personnages de Duras puis Resnais n'avaient "rien vu à Hiroshima". Le jeune Baptiste Antignani n'a rien ressenti à Auschwitz. "J'avais l'impression d'avoir visité un décor de cinéma", confesse ce lycéen à Rouen. Cette absence d'émotion "travaille" le cinéphile de 19 ans. Sa rencontre avec Denise Holstein, 92 ans, va tout changer. La vieille dame a fréquenté, dans les années 1930, le même lycée que lui. Elle a survécu à la Shoah. Ils se prennent d'affection. Il décide de tourner un film avec elle. Le "transfert" générationnel opère. "Je ne savais pas qu'en demandant à Denise son histoire, cela lui permettrait de la raconter également à sa famille". Magie de la relation et du dispositif filmique, ponctué de conversations éclairées avec Annette Wieviorka et Serge Klarsfeld : Baptiste retrouve - littéralement - la Mémoire. "Je n'oublierai jamais Denise donc je n'oublierai jamais Auschwitz".

  • Le film : Une vie nous sépare, de Baptiste Antignani et Raphaëlle Gosse-Gardet.
  • Projection le 26 mars 2020 à 19h30 au Memorial de la Shoah, Paris.
  • Diffusion sur myCANAL, puis le 6 avril, à 23h, sur France 3 Normandie et enfin sur FranceTV.
  • Le livre : Une Vie nous sépare, de Baptiste Antignani, 129 p., 15 euros, Fayard.

"Une vie nous sépare" : la bande-annonce