Voici un spectacle complexe et dérangeant. Côté jardin, en 1900, Frédéric Nietzsche, fou et finissant, revisite sa brouille avec Richard Wagner. Côté cour, en 1934, la soeur de Nietzsche explique à Goebbels, sceptique, l'intérêt du nietzschéisme, tandis que Lou Salomé plaide auprès de Leni Riefenstahl pour que cette pensée ne soit pas pervertie. De la démence solaire de Nietzsche, portée par Emmanuel Dechartre (« La folie est l'humour de l'intelligence »), à la troublante beauté de Smadi Wolfman en Leni Riefenstahl (« La femme, le jouet le plus dangereux »), ce spectacle sublimement éclairé par Jacques Rouveyrollis mélange ses fils et appelle la réflexion. L'auteur l'a construit sur le schéma de la 9e Symphonie de Beethoven, qui rapprocha Wagner et Nietzsche : il en demeure un étrange écho.