Alors, elle est comment cette rentrée ? Chaque année la même question... Les grincheux râlent ("c'était mieux l'année dernière", "il y a deux ans", etc.), les libraires s'inquiètent, comme toujours, et les auteurs trépignent - surtout ceux dont les livres, prévus au printemps, ont été repoussés, confinement oblige. Les lecteurs, quant à eux, ont de quoi applaudir, tant la cuvée 2020 se révèle riche et diversifiée. Certes, avec 511 romans à paraître d'ici à octobre (selon Livres Hebdo), contre 524 en 2019, les éditeurs ont - sagement - diminué la voilure, notamment en ce qui concerne les romans étrangers (restent, tout de même, Colson Whitehead, Ken Follett, Colum McCann, Erri de Luca, Salman Rushdie, etc.).

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Pas de quoi se plaindre, d'autant que cette rentrée, très en prise avec l'actualité sociale, traite avec intelligence les angoisses comme les dysfonctionnements de nos sociétés, dans le sillage des gilets jaunes, de #metoo et même des... pandémies. Sans oublier les relations familiales, éternel matériau romanesque.

Le retour d'Emmanuel Carrère

Au rendez-vous également, recette de tout bon millésime, un savant cocktail de talentueux primo-romanciers (Laurent Petitmangin, Olivier Mak-Bouchard, Fatima Daas...) et de stars. Parmi les valeurs sûres : Amélie Nothomb, Laurent Mauvignier, Camille Laurens, Philippe Djian, Eric Reinhardt, Serge Joncour, Alice Zeniter, Franck Bouysse, Lola Lafon, Alice Ferney, Yasmina Khadra, Simon Liberati... et Emmanuel Carrère, absent de la scène romanesque depuis 2014, qui publie Yoga. De quoi entamer l'automne avec zénitude. Ou non. Les réfractaires aux fictions se jetteront, eux, sur les centaines d'essais et de documents annoncés.