Michel Houellebecq manie avec dextérité l'art de la provocation. Dans Soumission, publié en 2015, l'auteur des Particules élémentaires imaginait une France gouvernée par un parti musulman. Mais le romancier n'a pas attendu l'écriture de ce livre pour s'intéresser à la chose politique, comme en témoigne cette drôle de soirée de 2103.

La scène est racontée par Gavin Bowd, traducteur et ami de Michel Houellebecq. Dans Mémoires d'outre-France (Equateurs), l'universitaire décrit une soirée passée avec le romancier, rapporte L'Obs.

"Le FN, ce n'est pas Drumont"

Elle se déroule en janvier 2013, à Paris. Les deux hommes; accompagnés d'une jeune femme, se retrouvent dans un "appartement des Olympiades", dans le 13e arrondissement de Paris, où Houellebecq réside. L'alcool coule à flots, entre une "livraison de fruits de mer" et "un ragoût d'agneau".

Après avoir évoqué le prix Nobel de littérature, "sa première obsession", Michel Houellebecq livre cette étonnante confession. "Je vais donner une interview où j'appellerai à une guerre civile pour éliminer l'islam de France. Je vais appeler à voter pour Marine Le Pen!". La jeune femme lui fait remarquer: "Mais tous tes amis sont des gauchos bobos qui votent Mélenchon. Tu n'auras jamais le Nobel avec des propos pareils!"

Ce qui n'empêche pas l'écrivain d'jouter que "le Front national n'est pas un parti d'extrême droite. Ce n'est pas Drumont. Ce n'est pas Daudet..."

Trait d'humour ou affirmation sincère? Michel Houellebecq n'a en tout cas jamais mis sa "menace" à exécution.