Le duo électro français Daft Punk a raflé les trophées les plus prestigieux des 56e Grammy Awards, en s'imposant notamment dans les catégories reines de meilleur enregistrement et meilleur album de l'année pour leur opus au succès planétaire "Random Access Memories".
Dûment casqués et vêtus de blanc, silencieux jusqu'au bout -- fidèles à leur réputation --, les deux Français ont remporté les trophées de meilleur duo et enregistrement de l'année pour leur tube "Get Lucky" avec Pharrell Williams, et meilleur album et album dance/électro. Leurs ingénieurs du son ont également été récompensés pour leur travail sur l'album.
Parlant au nom des "robots", Pharrell Williams, mi-amusé mi-embarrassé par le mutisme de ses camarades, a lancé: "Je parie que la France est très fière de ces gars maintenant".
>> Lire aussi: Portraits-robots de Daft Punk, triomphants aux Grammy
Non content de rafler les plus prestigieux trophées de la soirée, Guy-Manuel de Homem-Christo et Thomas Bangalter ont aussi fait danser le Staples Center en transformant la salle en boîte disco, avec le concours du légendaire Stevie Wonder. Ce dernier a entonné sur la base de "Get Lucky" les tubes "Freak out" et "Another Star", devant un public debout.
34 mariages gay pendant la performance de Madonna
L'autre grand gagnant de la soirée est le duo rap Macklemore & Ryan Lewis, qui s'est arrogé quatre trophées : trois de rap (interprétation, chanson et album pour "The Heist") et celui de la révélation de l'année. "Avant toute chose, je veux remercier nos fans, ceux qui nous ont permis d'être sur cette scène", a déclaré Macklemore. "Avant que les médias s'intéressent à nous, avant qu'on parle de nous, avant que ça devienne une histoire, il y avait nos fans".
Le duo a également donné lieu au moment le plus mémorable de la soirée. Pendant qu'ils interprétaient sur scène leur hymne rap à la reconnaissance des couples homosexuels, "Same love", Queen Latifah a marié 34 couples homos et hétéros dans la salle (dont la soeur de Ryan Lewis), alors que Madonna entonnait son tube "Open your heart" et que l'on voyait quelques larmes couler sur les joues du public. "Je sens que ça va être historique, ce soir, et je voulais participer à cela", avait averti Madonna sur le tapis rouge, avant la cérémonie.
Jay-Z et Beyoncé ouvrent le bal
Parmi les autres artistes récompensés, la jeune Néo-Zélandaise Lorde a échoué dans la catégorie de révélation de l'année -- pourtant en accord avec son âge, 17 ans -- mais est repartie avec les trophées de meilleure chanson de l'année et meilleure interprétation pop pour son tube "Royals". "Merci à tous les gens qui ont permis à cette chanson d'exploser. Car c'était dingue", a-t-elle dit, très émue.
Le prodige de la pop Bruno Mars a dédié à sa mère son trophée de meilleur album vocal pop ("Unorthodox Jukebox") et Jay-Z -- qui était en lice dans neuf catégories -- a reçu le Grammy de la meilleur collaboration rap/chanson pour "Holy Grail", avec Justin Timberlake.
Jay-Z a aussi eu l'honneur d'ouvrir la soirée avec sa femme Beyoncé, pour une version sexy en diable de "Drunk in Love", soulignée par LL Cool J, le Monsieur Loyal de la soirée. Les deux artistes "nous ont rappelé que la musique a la faculté unique de rapprocher les gens. Peut-être pas de façon aussi intime que Jay-Z et Beyoncé, mais quand même !", a-t-il dit.
Deux Beatles à nouveau réunis
Si la soirée a fait la part belle à la jeune scène musicale, les vétérans -- notamment britanniques -- se sont rappelés au bon souvenir de l'Académie du Disque : les chevelus de Black Sabbath ont arraché le trophée de l'interprétation metal ("God is dead?") et Led Zeppelin s'est arrogé le trophée de l'album rock pour "Celebration Day".
>> Lire aussi: Paul McCartney, "soit on joue, soit on meurt"
Mais les légendes les plus vivantes étaient sans conteste les ex-Beatles Paul McCartney et Ringo Starr, venus recevoir un trophée pour l'ensemble de la carrière du groupe. Sir Paul en a profité pour interpréter -avec Ringo à la batterie- une nouvelle chanson, "Queenie eye" et pour décrocher le Grammy de la chanson rock ("Cut Me Some Slack"). McCartney et Ringo n'avaient pas joué ensemble depuis 2009.