C'est dans la cave bordelaise où ils répètent leur prochain concert que Bertrand Cantat a donné, en compagnie de son bassiste Pascal Humbert, sa première interview radio depuis la sortie d'Horizon.

Au micro de José Ruiz de France Bleu Sud Ouest il évoque, sans jamais revenir sur l'affaire Marie Trintignant, l'accueil du public, la préparation de la tournée et l'après Noir Désir, à quelques mois de la tournée qui débutera à la Coopérative de mai à Clermont-Ferrand, le 11 avril 2014.

"Surpris" de l'accueil extrêmement positif réservé par le publicau premier album de son nouveau groupe Détroit, publié le 18 novembre, Bertrand Cantat se dit "super heureux d'autant plus qu'il est parfois censuré, boycotté. Donc, ça se passe vraiment entre nous et les gens." Ce qui explique selon lui la série de concerts à venir: "la tournée on en avait envie. Ce n'est plus qu'entre la rue et nous."

>>>Lire aussi Bertrand Cantat, le retour

"Mon ressenti profond quand j'ai eu le disque dans les mains, après tout ce que j'ai traversé, c'était peut-être encore plus fort que le premier avec Noir Désir."

Un public qui pour une partie pourrait n'avoir jamais vu Noir désir sur scène: "J'espère bien. Ne serait-ce que parce que ça se trouve comme ça ou parce qu'ils seront jeunes. (rires) Pour nous, il n'y a rien à calculer. Il n'y a qu'à être bon. On espère qu'on ne sera pas comparé [avec Noir désir], et qu'on pourra vivre notre histoire comme ça."

Interrogé sur son état d'esprit avant la tournée et de potentiels comptes à régler, il répond, pesant ses mots: "Ce qui nous est renvoyé nous donne vachement d'énergie. Pour moi ça [remonter sur scène] représente beaucoup de choses. Il y a cette double attente: intérieure et celle des gens. On se retrouve et on fait de la musique. Et la rage?...(rire nerveux) il n'y a même pas d'idée de revanche ou de quoi que ce soit. Quand bien même, il y a énormément de gens qui se sont mal comportés, qui se comportent et qui se comporteront mal. C'est leur problème, mais ce n'est pas le nôtre."

Le chanteur affirme également ne pas véritablement craindre de réactions négatives: "On est vigilent, mais c'est beaucoup plus virtuel qu'autre chose, c'est davantage médiatique. On n'a jamais eu peur de la rue. Il y a une réelle dichotomie entre la réalité et ce qui est relayé dans la presse."

Pour les fans de la première heure, Bertrant Cantat assure: "On n'exclut pas de jouer des titres de Noir désirs. Il faut qu'on en ait envie. Il faut que ça nous fasse plaisir. On a aucune raison de se l'interdire."

Et de conclure: "A priori l'album n'est pas le plus facile à reproduire live (...) mais on va les faire vivre d'une autre manière. C'est un peu nouveau pour moi, enfin, entre guillemets."