Quelle direction les Black Keys allaient-ils prendre après le succès pétaradant et mérité d'El Camino (2011)? Pondre à nouveau des rocks rapides comme des coups de fouet? Le duo, devenu sur le tard l'un des groupes les plus courtisés par les festivals, n'a pas vraiment l'habitude de regarder dans le rétro. Turn Blue est un disque plus sophistiqué et plus pop que son prédécesseur.


Il faut d'ailleurs un peu de temps pour se familiariser avec ce virage artistique. A la première écoute, ce huitième album de Dan Auerbach(guitare, chant) et Patrick Carney(batterie) semble manquer de coups de reins. Mais les tourbillons psychédéliques, les tempos apaisés, les textures sonores teintées de mélancolie finissent par séduire.

Ce son rond et chaud est la signature du producteur Danger Mouse(Gnarls Barkley, Broken Bells) qui a déjà travaillé avec le duo pour Attack & Release (2008) et Brothers (2010). Rarement le chant de Dan Auerbach a été aussi doux et les paroles, aussi personnelles. L'homme a vécu un divorce difficile. Ceci expliquant cela. Le dernier titre de l'album, Gotta Get Away, un rock simple et direct, tranche avec le reste. Les Black Keys ont toujours un coup d'avance.