"Dis, quand reviendras-tu?", demandait Barbara. Dans les plis de ce texte écrit par une femme espérant le retour de son amant, la dame en noir nous prévenait que le temps perdu ne se rattrape plus. Comme un écho, le deuxième album de Tim Dup a pour titre Qu'en restera-t-il? De quoi? De qui? De nos amours? De nos vies? De nos enfances? De la Terre? Un peu tout ça à la fois. Le chanteur de 25 ans appartient à cette génération qui se pose plus de questions existentielles qu'elle n'assène de vérités péremptoires. Elle doute alors, elle (dé)chante.

Tim Dup a contracté son nom -Timothée Duperray- pour mieux déployer son talent de conteur. Il avait marqué les esprits avec son premier single, TER Centre, et sa plume trempée dans l'encre du quotidien. Depuis, il a fait du chemin, emprunté des correspondances, pris des bateaux, des avions peut-être. "Je voulais voir le monde/ lui qui brûle lentement/ Réveille-moi, tout gronde/ Je quitte le banc, le rang" (Porte du Soleil, avec Gaël Faye). A la recherche de l'aventure ou d'une aventure, de l'inconnu ou d'une belle inconnue, Tim Dup déroule avec mélancolie sa pelote de souvenirs, ses espoirs, ses doutes. Pour se réchauffer, ses mots et sa poésie se serrent sur des lignes électro, quelques notes de piano, des ambiances sonores métissées. Tim Dup s'inquiète du désastre écologique (Songes) dont nos enfants vont hériter. Il rappelle aussi l'ardeur intime du parlé/chanté de Fauve, notamment sur un morceau dédié à la place de la République, à Paris, carrefour des luttes et des combats (Place de l'espoir). Au terme de ses voyages, Tim Dup est parti pour rester dans le paysage de la chanson française.

La note de L'Express : 15/20

Qu'en restera-t-il ? Par Tim Dup (Columbia/Sony Music). Le 27 mars à la Cigale, Paris (IXe). En tournée.

“Qu'en restera-t-il ?”, par Tim Dup.

"Qu'en restera-t-il ?", par Tim Dup.

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