Le 51e album de Johnny s'intitule Mon pays, c'est l'amour. Mais sa terre sacrée, c'est l'Amérique. Celle d'Elvis Presley, des Harley Davidson et des drive-in. Celle rêvée par le petit Jean-Philippe Smet, qui, à 6 ans montait déjà sur scène en tenue de cow-boy. Dans L'Amérique de William, accompagné d'un Dobro, la rockstar raconte ainsi les images en Kodachrome du photographe Eggleston. Jusqu'au bout, Johnny Hallydayn'a jamais cessé d'être inspiré par les Etats-Unis.
Sur les dix titres, la voix est toujours là, forte et tendre, capable de s'embraser à la moindre étincelle. Du feu, des larmes et du sang. Le disque, réalisé par Yodelice (Maxime Nucci) s'ouvre dans une ambiance de western crépusculaire. J'en parlerai au diable s'inspire de Conversation with the Devil, un air country de Ray Wylie Hubbard. Johnny prévient, il ne fera pénitence que face au taulier de l'enfer. Le morceau Mon pays c'est l'amour, marque un retour au bon vieux rock des années 1950 et donne le rythme au dansant Made in Rock'n'roll, adaptation d'un titre du guitariste de l'Oklahoma JD McPherson (Let the Good times Roll), sorti en 2015. Des airs fiévreux que Johnny voulait taillés pour les stades. Sur la ballade Pardonne-moi, il fend l'armure dans ce qui ressemble à une ode à Laeticia. Un interlude instrumental sert de bascule vers l'autre moitié de l'album. Inspirée par l'univers carcéral, 4m2, est la complainte d'un bagnard, Tomber encore, une puissante déclaration d'amour, le stonien et decevant Back in L. A., avec ses choeurs féminins, un appel à une femme partie. L'album, de qualité inégale, se referme sur l'émouvant Je ne suis qu'un homme, ultime confession d'un éternel enfant du rock.
Note: 15/20
Mon pays, c,'est l'amour (Warner). Sortie le 19 octobre.

Mon pays, c'est l'amour, de Johnny Hallyday.
© / (SDP)
