Parce que c'est l'un des plus grands instruments à vent du monde et que ses tuyaux ne peuvent être accordés qu'en pleine nuit. La Philharmonie de Paris n'a pas lésiné sur les moyens: c'est auprès de la firme autrichienne Rieger, le meilleur facteur d'orgues selon les spécialistes, que l'institution française passe sa commande en 2006.
Avec ses quatre claviers, 91 jeux et 6055 tuyaux, l'instrument est d'abord assemblé et préharmonisé dans les ateliers Rieger, en Autriche et en Allemagne, avant d'être démonté puis acheminé jusqu'à Paris à l'automne 2014. Une fois remonté, l'orgue est enfin prêt, au début du mois d'avril 2015, à être réaccordé...
"Un travail à la fois colossal et méticuleux"
Mais les concerts de la Philharmonie ont commencé dès le mois de janvier. Michel Garnier, chargé du chantier, ne peut donc travailler qu'entre minuit et 8 heures du matin, afin de profiter d'un silence absolu. "Il doit ajuster la note et la puissance de chaque tuyau en fonction de l'acoustique très particulière de la salle, précise Emmanuel Hondré, directeur des spectacles de la Philharmonie. C'est un travail à la fois colossal et méticuleux."
L'instrument devait être inauguré le 28 octobre mais, à ce jour, seulement deux tiers de ses tuyaux ont été accordés. La Philharmonie proposera donc à ses spectateurs, lors d'un premier concert de l'orgue, la Symphonie n°3 de Camille Saint-Saëns, "jouée partiellement". L'inauguration officielle devrait finalement avoir lieu en grande pompe au début de février 2016. Jusque-là, Michel Garnier a encore de longues nuits blanches devant lui.
