C'est sûr, ils ont mis le paquet. Matthew Bellamy, Christopher Wolstenholme et Dominic Howard étaient au Palais Omnisport de Bercy ce jeudi, avec une très grosse machinerie. Presque à l'heure, les trois Anglais ont investi une scène en demi-cercle, augmentée d'une avancée carrée. Le chanteur avait revêtu une veste illustrée de triangles pailletés, donnant le ton de la soirée, bienvenue dans le temple de la géométrie. Une pyramide inversée est même descendue du ciel.

Côté setlist, c'est évidemment The 2nd Law - dernier né du groupe sorti au début du mois - qui était à l'honneur, mais Muse sait satisfaire ses fans de la première heure. De nombreuses incursions dans les cinq albums précédents - Map of the problematique, Resistance, Stockholm Syndrom et même Falling down - ont rythmé la soirée en distillant méticuleusement les tubes. La puissance de Supremacy, de Time is running out ou de Plug in Baby est indéniable: le public, qui remplissait presque entièrement Bercy, s'est laissé emporter en quelques secondes par leur force. Plein les yeux, plein les oreilles, tel était le crédo de l'heure et demie passée avec les Anglais. Pari largement tenu.

Equation à une inconnue

Malheureusement, il ne suffit pas d'aligner des symboles pour résoudre l'équation du concert parfaitement réussi. Tout était très bien huilé, très... carré. La voix de Matthew Bellamy ne s'est pas cassée, sa veste ne s'est pas plissée. Il n'y avait pas une trace de doigt sur le couvercle transparent (!) du piano. Une attitude bien sage - peut-être due au début de tournée - qui contrastait avec l'esthétique visuelle foisonnante, très kitsch nineties. Si le pixel était roi, le sol miroir, le manche de guitare lumineux, les rayons lasers verts et les diverses vidéos multicolores se sont bien défendus.

The 2nd Law est un grand huit de fête foraine. Ce jeudi à Bercy, on a eu le sentiment que Muse n'assumait pas entièrement le côté grandiloquent de son show. Il manquait à tout ça un grain de folie, pour avoir le grand frisson.