C'est en présence de François Hollande et d'Anne Hidalgo que la Philharmonie de Paris a officiellement ouvert ses portes mercredi soir.

Avant le concert, devant un aréopage impressionnant de ministres - dont le premier d'entre eux, Manuel Valls - le président de la République et la maire de Paris ont rappelé les circonstances exceptionnelles de cette inauguration, tout en affirmant la force de la beauté comme rempart à la barbarie et la nécessité de vivre en harmonie. Des paroles qui résonnaient avec un accent particulier dans la magnifique enceinte imaginée par Jean Nouvel.

Les formes asymétriques mais voluptueuses, la douceur des couleurs et des lumières, tout concourt en effet à rendre cette salle propice à l'écoute attentive de la musique: c'est une grande réussite.

Pour son premier concert, l'Orchestre de Paris, placé sous la direction de son directeur musical, Paavo Järvi, avait vu grand, trop peut être: six oeuvres, quatre artistes invités, plus de deux heures de musique! De cet hommage à la musique française, on retiendra les prestations de Renaud Capuçon (dans le subtil Sur le même accord, Dutilleux) et Hélène Grimaud (le Concerto en sol de Ravel). On soulignera aussi la qualité exceptionnelle du Concerto pour orchestre de Thierry Escaich, une oeuvre d'une grande densité d'écriture et d'expression, donnée là en création mondiale: là encore, une réussite, et un symbole fort.

Reste la question de l'acoustique. Il est évidemment beaucoup trop tôt pour juger une salle qui n'a pu être réglée comme elle aurait dû l'être six mois avant l'ouverture. En outre, les musiciens la découvrait en même temps que le public. Sans l'ensemble des réflecteurs, sans non plus les revêtements au sol, l'acoustique "enveloppante" de la Philharmonie de Paris nous est apparue seine, mais pas aboutie. Point positif, le son est bien réverbéré, jamais sec. Du rang où nous étions (au milieu du parterre), il apparaissait aussi assez lointain, parfois peu précis, déséquilibré au détriment des cordes, et peu favorable aux solistes.

Nul doute que les différents réglages apporteront un meilleure projection, et une présence accrue au son. Quoi qu'il en soit, une conclusion s'impose: il faut aller à la Philharmonie, ne serait-ce que pour se faire une idée!