Après la tempête pop du mitigé Jamais seul (mars 2011), produit par Matthieu Chedid, Johnny Hallyday revient à un rock plus viscéral avec L'Attente, un disque écrit notamment par l'artisan du verbe Christophe Miossec et composé par une armée de signatures dont Blair Mackichan (Lilly Allen), David Ford, Daran, etc. L'idole, roi de ses douleurs qui font régulièrement l'actualité, visite avec une puissance vocale qui ne faiblit pas ses propres fantômes, mythes, obsessions: l'amour, la mort, l'amour à mort, l'amour encore, la solitude, les hommes à terre, les femmes évanescentes... Habillé de ce manteau d'ombres connues, L'attente s'appuie musicalement sur des auto-références (de La Fille de l'été dernier au Chanteur abandonné) pour dérouler une série de morceaux aux guitares exaltées, blues nus, refrains FM, duo de variété avec Céline Dion. Réalisé par Yvan Cassar, le 48ème album du chanteur, carré, classique, énergique, ne joue ni les gros biceps ni les aventuriers mais la sécurité. Aucun doute, Johnny reste une citadelle à l'épreuve du temps.
