Au cours de l'année 2012, le chercheur de sons tuniso-allemand Samy Ben Redjeb débarque à Belém, située à l'embouchure de l'Amazone et de l'Atlantique, dans le nord-est du Brésil. Le single d'un certain Mestre Cupijo lui a mis la puce à l'oreille. Une scène foisonnante aurait-elle surgi dans la capitale du Para une quarantaine d'années plus tôt ? Ben Redjed glane des disques, interroge, retrouve les protagonistes. Et ressuscite cette musique (d)étonnante, le carimbo, qui attisa les nuits des hôtels et discothèques alors en pleine effervescence. Il publie aujourd'hui le fruit de ses trouvailles sous la forme d'une compilation, suite de pépites à même de donner la fièvre à tous les mélomanes.
Fondé sur la rencontre entre les rythmes afro-brésiliens et ceux d'origine caribéenne diffusés par les radios locales, le carimbo repose sur des tempos très rapides souvent propulsés par des ensembles de percussions, sur lesquels se greffent un subtil contretemps de guitare (ou d'orgue), des cuivres en fanfare et des chants en appels/réponses. Une sorte de cousin survitaminé de la cumbia colombienne. Si ces morceaux firent vibrer ce bout du Brésil voici quarante ans, nul doute qu'ils mettraient sens dessus dessous n'importe quel dancefloor de France ou d'ailleurs aujourd'hui. Peut-on résister à A Misturada d'Os Muiraquitans, Vamos Farrear de Pinduca (l'un des pères de la lambada) ou à Voa Andorinha du Grupo da Pesada ?
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Autre actualité pour Belém, la grande dame de la ville Dona Onete publie un album de morceaux ancrés dans le carimbo et d'autres styles. A l'image du premier, Festa do Tubarao, ou de ce Pexe Pexe, aucun ne trahit l'âge de la belle - 80 printemps tout de même.
Jambu e os miticos sons da Amazonia(Analog Africa). La note de L'Express : 19/20.

La compilation Jambu
© / SDP
Rebujo, par Dona Onete (Mais Eum Disco). La note de L'Express : 15/20.

Rebujo par Dona Onete
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