Au départ, le plan d'action était plutôt simple. Après avoir découvert le rock garage des Catalans underground les Limiñanas (Lionel et Marie), Emmanuelle Seigner contacte le duo originaire de Cabestany, dans les Pyrénées-Orientales, pour qu'il l'aide à enregistrer son nouvel album solo. Les bandes devaient prendre ensuite la direction du studio berlinois d'Anton Newcombe, leader charismatique de la chaotique formation psyché The Brian Jonestown Massacre, afin que ce dernier y apporte quelques retouches. C'est à partir de cette dernière étape que rien ne s'est passé comme prévu.

Dans un rêve, le musicien américain entrevoit la création d'un groupe rassemblant les quatre fantastiques. Séduite à l'idée de faire partie d'un gang, Emmanuelle Seigner accepte le pacte. La formation est baptisée "L'Epée". Un nom forgé par Newcombe, encore lui. Le quatuor enfonce ses titres jusqu'à la dague dans un magma volcanique, sombre, mystérieux, ultra référencé (Velvet Underground, Suicide). La voix d'Emmanuelle Seigner, qui s'exprime parfois dans une veine parlé-chanté, en français et en anglais, s'insère dans des strates de guitares fuzz, de réverbération, de sitar, de cloches, de percussions indiennes. C'est l'ingénuité des yéyé des années 1960 aux prises avec les tourbillons diaboliques d'un rock psychédélique. La rencontre de France Gall et des Jesus And Mary Chain. Le complice Bertrand Belin prête sa plume (sur trois titres) et son timbre (On dansait avec elle) à l'équipée sauvage qui atteint une sorte de transe, une force hypnotique à l'image du visuel op art de la pochette. L'Epée est aussi magique qu'Excalibur.

La note de L'Express : 16/20

Diabolique, par L'Epée (Because Music). En tournée. Le 14 décembre à la Cigale, Paris (XVIIIe).

Diabolique, par L'Epée.

Diabolique, par L'Epée.

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