"Prenons un instant pour nous souvenir". Trois mois après la tragédie du Bataclan, les Eagles of Death Metal ont fait leur retour mardi soir à Paris, sur la scène de L'Olympia.

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Jesse Hughes, the singer of US rock group Eagles of Death Metal, holds a tee-shirt prior to the start of the concert at the Olympia concert hall in Paris, on February 16, 2016. Eagles of Death Metal, the Californian rock group who were playing at the Bataclan music hall in Paris when jihadist gunmen burst in and killed 90 people in November, returned to the French capital for a concert at the Olympia. AFP PHOTO / JOEL SAGET / AFP / JOEL SAGET

Jesse Hughes arborant un T-shirt , "I really wannabe in Paris" (Je veux être à Paris).

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"On va passer un bon moment ce soir, personne ne pourra nous arrêter", a lancé le leader du groupe, Jesse Hughes, qui portait ses habituelles lunettes aux verres roses, le T-shirt noir du groupe et des bretelles rouges. Le groupe est apparu sur la musique de Il est cinq heures, Paris s'éveille, l'hommage à la capitale interprété par Jacques Dutronc.

"Je suis devenu parisien"

Mais avant de célébrer le rock, le groupe a eu une pensée pour les victimes le temps d'une pause silencieuse au beau milieu du premier titre: "prenons un instant pour nous souvenir, puis on recommencera à jouer", a dit le leader Josh Homme derrière sa batterie.

Jesse Hughes (C), the singer of US rock group Eagles of Death Metal, gestures during their concert at the Olympia concert hall in Paris, on February 16, 2016. Eagles of Death Metal, the Californian rock group who were playing at the Bataclan music hall in Paris when jihadist gunmen burst in and killed 90 people in November, returned to the French capital for a concert at the Olympia.  AFP PHOTO / JOEL SAGET / AFP / JOEL SAGET

A la batterie, Josh Homme, derrièer Jesse Hughes qui s'est habillé d'une cape.

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Plus tard, le groupe a dédié un morceau au responsable commercial du groupe, tué au Bataclan. "Je vous aime enfoirés, vous n'avez pas idée à quel point", a lancé plusieurs fois Jesse Hughes à la foule. "Vous et moi sommes liés à présent: je suis devenu parisien. J'avais besoin de vous et vous ne m'avez pas laissé tomber", ajoute-t-il.

Pendant près de deux heures, les "EODM" ont affiché une pure "rock'n'roll attitude" à base de longs solos, de batteries lourdes avec en prime une guitare brisée sur la scène et une émouvante échappée dans le public pour le chanteur en fin de concert.

Guitare bleu-blanc-rouge

Celui qu'on a vu pleurer à plusieurs reprises en évoquant la tragédie du Bataclan et a qui a suscité quelques réactions outragées avec ses déclarations pro-armes à feu a choisi de s'en tenir à son rôle de rockeur pur et dur, micro ou guitare à la main, levant son verre à la santé de la salle puis enroulant une écharpe bleu-blanc-rouge autour de son cou.

US rock group Eagles of Death Metal perform on stage at the Olympia concert hall in Paris, on February 16, 2016. Eagles of Death Metal, the Californian rock group who were playing at the Bataclan music hall in Paris when jihadist gunmen burst in and killed 90 people in November, returned to the French capital for a concert at the Olympia.  AFP PHOTO / JOEL SAGET / AFP / JOEL SAGET

Une vue d'ensemble de l'Olympia lors du concert, mardi soir.

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Revenu sur scène avec une guitare électrique là aussi aux couleurs de la France, Jesse Hughes a fini, torse nu, par étreindre longuement son ami Josh Homme, absent du concert du Bataclan mais arrivé la veille dans la capitale française pour participer à ce concert particulier.

"Ca y est, on a notre revanche"

Le public, qui comptait de nombreux rescapés des attaques, dont certains étaient venus avec des béquilles, a chaleureusement acclamé les musiciens. Même si certains spectateurs ne pouvaient retenir leurs larmes une fois les lumières rallumées.

Pour Daniel Psenny, journaliste du Monde gravement blessé le 13 novembre était dans la fosse de l'Olympia pour envoyer un message: "personne n'a peur". Un autre rescapé lance avant le concert à une journaliste: "ça y est, on a notre revanche".

"J'ai vraiment réussi à prendre du plaisir", a confié en quittant le concert sourire aux lèvres, avec ses béquilles, Emmanuel Wechta, 42 ans. "Je n'étais pas venu pour une thérapie mais pour m'amuser et c'est ce que j'ai fait." A Julien Baratian, 27 ans, le concert a aussi "fait du bien". "C'est une manière de boucler la boucle". Fabrice quant à lui a apprécié cette "légèreté".

"Difficile les trois quarts du temps"

Pour un autre survivant, Alexis, 26 ans, qui avait pris un siège au balcon à "trois mètres d'une issue de secours", "le concert a été difficile les trois quarts du temps". Il évoque notamment les sons de batterie lui rappelant trop fortement les "bruits des détonations" au Bataclan. "Il a fallu attendre les rappels pour que je m'amuse", ajoute-t-il. Mais il est néanmoins satisfait d'être resté et espère pouvoir retourner à un concert dans les mois qui viennent.

French TV news channel BFM TV journalist Candice Mahout reports on camera from outside the Olympia concert venue in Paris, a few hours ahead of a concert by US rock group Eagles of Death Metal on February 16, 2016. Eagles of Death Metal, the Californian rock group who were playing at the Bataclan music hall in Paris when jihadist gunmen burst in and killed 90 people in November, returned to the French capital for a concert at the Olympia.  AFP PHOTO / JOEL SAGET / AFP / JOEL SAGET

A l'extérieur de la salle, l'évènement intéressait davantage que les télévisions françaises.

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Une équipe d'une trentaine de personnes avec notamment des psychologues était présente pendant toute la durée du concert pour venir en aide aux survivants et à leurs proches. Un périmètre de sécurité d'une ampleur exceptionnelle avait aussi été mis en place aux abords de la salle.

En amont de ce dispositif, les membres du groupe étaient venus rencontrer, à l'extérieur avant le concert, les rescapés des attentats du 13 novembre venus les voir pour leur premier concert en France depuis le drame.