On peine à croire que le dénommé Marien Defalvard ait seulement dix-neuf ans tant son premier livre semble absolument hors d'âge. Dans une prose ouvertement poétique et maniérée - comme fin de siècle mais lequel ? -, le débutant narre la courte vie d'un bien étrange jeune homme qui a vu le jour en 1960. Du temps qu'on existait débute à Coucy-le-Château-Auffrique, "dans l'Aisne, aux derniers renseignements, en Picardie". Coucy avec ses champs de patates, de betteraves et de haricots, son bistroquet du carrefour.

Le voyage mi-cotonneux mi-lumineux nous entraîne ensuite vers Saclay ou Sacierges. À Paris, où il ne se passe au fond rien la nuit, d'après le narrateur qui s'y nourrit de biscottes. À Strasbourg ou Brest avec sa rade et ses cargos. En arrière-plan, il y a une famille avec un père écrivain. Des rencontres et des contemplations. Des paysages et des lieux. Du spleen et de l'ennui. "Il est né. Il a vécu. Puis les choses se sont liquéfiées, comme une déroute", nous dit Defalvard de son héros...

Du temps qu'on existait peut difficilement se résumer. Ne pas s'attendre à y trouver une intrigue, des personnages, un quelconque suspense. Marien Defalvard n'est pas romancier pour deux sous. Quelle importance puisqu'il montre d'entrée de jeu qu'il est un écrivain à part.