Un jour, Bruno Tessarech poussa la porte de l'appartement du quai d'Orsay où habitèrent Edouard et Denise Bourdet. Il subsistait chez l'auteur dramatique (1887-1945) un parfum de livres anciens, de tableaux des années 1930, de décors en rouge et or. Séduit, il décida de s'offrir sa recherche du temps perdu, mi-canaille, mi-mondain. Villa blanche est une merveilleuse plongée dans un passé brillant et drôle, une promenade littéraire et fantaisiste où domine le jeu de la séduction. On y croise Giraudoux et Morand, Proust et Cocteau, Catherine Pozzi et François Mauriac. Le voyage est conté avec élégance, entre le Ritz et Tamaris, sur la côte varoise (près de La Seyne-sur-Mer), où est nichée la fameuse Villa blanche. Défilent les jours de fête à Luna Park, les nuits au B?uf sur le toit et le jour où il provoque en duel Henry Bernstein, son rival à la scène et... au foyer. On marche au côté d'Anna de Noailles, de Giraudoux ou de Poulenc. Peu à peu, on devient un intime d'Edouard Bourdet, cet homme de théâtre oublié qui écorcha si bien ses contemporains, notamment avec sa comédie Vient de paraître. Rien de prétentieux ici, juste des anecdotes d'une rare justesse, des moments précieux égrenés avec la délicatesse de la nostalgie.