Le Philip K. Dick Film Festival, fondé en 2012 à New York en hommage au génial écrivain de science-fiction décédé en 1982, vient pour la première fois en Europe. Coup de chance, c'est en France, à Lille, que se déroule cette première édition transatlantique, du 25 au 27 octobre.
Les films sélectionnés en compétition -dont le dénominateur commun est l'influence de l'univers de K. Dick-, sont projetés à L'Hybride, un lieu culturel atypique dédié aux formes audiovisuelles indépendantes et expérimentales. "Pour cette première, nous avons laissé une carte blanche aux programmateurs américains du festival K. Dick et nous sommes ravis de la sélection car nous pensons qu'elle répond parfaitement aux attentes de notre public", explique Anne-Charlotte Fauvel, chef de projet à L'Hybride.
Si les fans de science-fiction et de Philip K. Dick semblent attendre le festival avec impatience, il s'agit néanmoins de s'adresser au grand public. "Souvent, les festivals de science-fiction sont pointus et peu accessibles. Nous souhaitons faire venir le public friand du genre mais aussi les curieux", ajoute-t-elle. "C'est pourquoi nous programmons aussi beaucoup de formats courts car ils permettent une bonne introduction à la science-fiction ainsi qu'à la découverte d'auteurs et de réalisateurs sous plusieurs angles".
Immersion totale dans l'univers de Philip K. Dick le temps d'un week end
L'univers de K. Dick est idéal pour ça, tant il se prête admirablement aux adaptations cinématographiques, son oeuvre littéraire ayant inspiré nombre de films cultes dont Blade Runner, Total Recall (l'ancien, pas le remake) ou Minority report. Mais le festival a déniché quelques réalisations moins célèbres et tout aussi surprenantes, réunies sous forme d'un best-of de courts et longs métrages décliné en trois grandes thématiques. Si le vendredi 25 octobre -premier jour du festival- est consacré à la science-fiction à proprement parler, la programmation du samedi 26 octobre fait plutôt des incursions à la frontière de l'horreur et du surnaturel, avant d'explorer les dimensions de la folie paranoïaque et des hallucinations, lors de la soirée la clôture du dimanche 27. Quel que soit leur sujet, tous les films sélectionnés portent un regard sur ce qui se situe au-delà de la logique et de la raison, un des thèmes de prédilection de Philip K. Dick.
En soirée d'ouverture vendredi 25 octobre, le K. Dick Film Festival démarre avec la projection d'une sélection de quatre courts-métrages dont Meddler du français Jonathan Rio -repéré par la version américaine du festival-, l'adaptation d'une nouvelle de Philip K. Dick de 1954, sortie en France sous le nom d'Interférences.
Découvrez ici le court-métrage de Jonathan Rio en intégralité.
Dans la foulée des courts, la soirée enchaîne avec la projection de Radio Free Albemuth, réalisé par John Alan Simon avec Shea Wigham, Jonathan Scarfe, Katheryn Winnick et Alanis Morissette dans les rôles principaux (vidéo de la bande annonce ci-dessous).
Bien qu'il ne soit pas programmé dans le cadre du festival, parler des adaptations de Philip K. Dick est aussi l'occasion de replonger dans Blade Runner, le monument de Ridley Scott sorti en 1982 quelques mois après la mort de l'écrivain. À l'origine, le titre du roman de K. Dick était Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques?. Mais le succès du film fut tel que les rééditions du livre abandonnèrent son titre original pour adopter celui du film.
La bande annonce de Blade Runner (1982) avec Harrison Ford.
