Les qualités du livre numérique ne font pas toujours l'unanimité. Dans une déclaration faite lundi 21 octobre, Mario Vargas Llosa, couronné par le prix Nobel de littérature en 2010, estime que "L'esprit critique, qui a été le produit des idées contenues dans les livres papier, pourrait extraordinairement s'appauvrir si les écrans finissent par enterrer les livres".

"Il faut tout faire pour que le livre ne disparaisse pas"

L'écrivain péruvien, âgé de 77 ans et naturalisé espagnol depuis 1993, ajoute: "Je suis convaincu que la littérature qui s'écrirait exclusivement pour les écrans serait une littérature beaucoup plus superficielle, de pur divertissement et conformiste", avant d'insister "Il faut faire tout ce qui est possible pour que (le livre papier) ne disparaisse pas... [C'est] une problématique nouvelle posée par la grande transformation que le développement des nouvelles technologies a signifié pour le livre et la culture en général".

Pour Mario Vargas Llosa, il est toutefois "difficile de prévoir" la fin complète du livre papier. Ces déclarations de l'ancien candidat à la présidence du Pérou s'inscrivent en marge du Congrès international de la langue espagnole à Panama. L'édition 2013, qui réunit 200 écrivains, linguistes, éditeurs et experts du monde du livre, est marquée par les débats autour des défis posés par le développement des nouvelles technologies et de l'avenir du livre papier.


Vidéo: Mario Vargas Llosa, invité de la Sorbonne en mai 2013, évoque (dans un français parfait) l'influence de la littérature française sur son oeuvre. Et livre ses arguments contre le glissement de la littérature vers la culture du divertissement.