La collision a lieu le jeudi 14 avril 1912 à 23 h 40 : le Titanic heurte un iceberg par le travers tribord. Deux heures et quarante minutes plus tard, le paquebot a coulé. Sur les 2 228 personnes qu'il transportait, 1 523 ont péri et 705 se sont retrouvées sur des canots dérivant en plein Atlantique Nord. Une tragédie devenue mondialement célèbre et dont le centenaire ne pouvait passer inaperçu. Certes, le naufrage récent du Costa Concordia sur les côtes de Sicile a incité l'Organisation maritime internationale (OMI) à annuler une série de commémorations. Mais cela n'empêchera pas la sortie en 3D du film de James Cameron, le 4 avril, ni l'ouverture, le 10 avril, d'une vaste exposition à la Cité de la mer de Cherbourg où le Titanic avait fait escale.
Les éditeurs ne sont pas en reste pour surfer sur la vague de cet anniversaire : documents, romans, BD, Jeunesse... De La Malédiction du Titanic (Glénat) à Histoires d'amour tragiques sur le Titanic (Presses de la Cité) en passant par Explore le Titanic (Gallimard Jeunesse), plus d'une vingtaine de titres sont annoncés. First en profite même pour coller à l'actualité en publiant Les Grands Naufrages. Du Titanic au Costa Concordia de Gérard Piouffre. Ce membre de l'Association française du Titanic (AFT), qui regroupe certains descendants de familles de disparus ou de rescapés, signe également, toujours chez First, Nous étions à bord du Titanic du 27 mars au 15 avril 1912. Dans la même veine, Elisabeth Navratil a révisé la première édition de son roman paru en 1982 et inspiré de faits réels, Les Enfants du Titanic. Le récit vrai de deux rescapés (Hachette) : l'incroyable aventure d'un gamin de 4 ans et de son frère de 2 ans, enlevés par leur père, en instance de divorce, et embarqués sur le paquebot à Southampton. Au moment du naufrage, le père s'était alors sacrifié et avait placé les enfants dans les deux dernières places d'un canot de sauvetage. A leur arrivée à New York, impossible de les identifier, jusqu'à ce que leur mère les découvre en photo dans Nice-Matin...
On distinguera aussi deux ouvrages particulièrement originaux, à commencer par Le Titanic : le guide du passager de John Blake (Flammarion), ancien officier de marine anglais : pour une fois, pas un mot de la catastrophe ! Forcément, puisque ce joli petit livre imaginaire - les illustrations, elles, sont authentiques - se présente comme le guide qu'auraient pu recevoir les voyageurs de la première classe, vantant les atouts et les splendeurs du navire qui mettait à leur disposition piscine, salle de gymnastique, fumoir, salons de réception, etc. La Table du Titanic de Xavier Manente (Alma) se fait également l'écho de ce clivage social très marqué à bord du luxueux RMS (Royal Mail Ship), en rapportant quarante recettes de plats qui y furent servis, non sans revenir en détail sur le contexte de cette incroyable traversée. C'est, malgré tout, savoureux. Last but not least, un "faux ami", La Salle de bains du Titanic de Véronique Ovaldé (J'ai lu), sorte de novella où il n'est absolument pas question du paquebot mais tout de même d'un naufrage...
