En deuxième position au palmarès des ventes de romans, Marc Levy surfe sur la vague du succès, toujours au coude à coude avec Guillaume Musso. Le test de la page 99 nous donne un léger aperçu de l'ouvrage. Vaut-il réellement cette victoire?

L'auteur

L'écrivain français de 51 ans est très vite devenu le symbole de la littérature populaire. Ses romans -Si c'était à refaire est le 13e- se dévorent à travers le monde dans 43 langues et sont vendus à plus de 24 millions d'exemplaires. Côté critiques, le succès est moins vif. Les thèmes jugés trop légers comme l'amour, l'amitié et l'enfance, privilégiés par l'auteur, lassent assez vite. L'auteur ne se laisse pas abattre: dans un chat pour L'Express, en juin 2010, il avoue ne pas se poser la question d'être "un grand écrivain"; avant de confier, dans une interview en juillet 2011: "L'amour compte plus que le Goncourt". Un écrivain plutôt humble, qui se contente a priori de son statut actuel.

Le livre

Si le titre de ce 13e roman fait écho à celui du premier livre de Marc Levy, Et si c'était vrai, l'histoire, elle, est différente. Cette fois, le lecteur suit l'aventure d'Andrew Stilman, grand reporter au New York Times qui après s'être évanoui suite à une agression, se réveille deux mois plus tôt, le 9 mai 2012 -tiens, tiens, l'écrivain a-t-il imaginé qui serait nommé Président? Le journaliste est désormais contraint de mettre tout en oeuvre pour déjouer le drame que lui réserve son destin. Comme l'agression a eu lieu peu après son mariage, ce roman en plus d'une "course contre la montre vertigineuse" et d'un dénouement "à couper le souffle" -dixit la quatrième de couverture-, annonce évidemment une histoire d'amour.

Extraits

Comme le livre est imprimé en gros caractères et que l'exercice de "juger" une oeuvre sur une page est assez difficile, nous avons légèrement triché en dépassant notre lecture sur la page 100 -l'ouvrage se compose au total de 422 pages.

Notre lecture

Dès les premières lignes, on assiste à une discussion entre Valérie, que l'on suppose être la fiancée du protagoniste et ce dernier, Andrew. Une discussion a priori banale entre conjoints qui parlent de leurs prochaines vacances... Enfin, pas tout à fait. Au fur et à mesure, on se trouve face à un Andrew troublé, qui ne comprend pas les propos de sa dulcinée: "Pourquoi repartirais-je en Argentine?", demande-t-il à deux reprises.

Quand celle-ci s'explique, le héros retrouve peu à peu la mémoire -ah... le pouvoir de l'amour. Mais en guise d'électrochoc, c'est la télévision qui est la plus efficace: "Sidéré, Andrew constata qu'il connaissait chacune des nouvelles que le présentateur annonçait." La date qui s'affiche sur le bandeau d'informations est le 7 mai, tout s'éclaire: il comprend qu'il est revenu deux mois avant son agression. Pour illustrer son sentiment, le personnage se lance dans une réflexion digne d'un Forrest Gump, il évoque son tailleur qui compare la vie à une machine, dont le bouton permet de revenir en arrière. Mais qui a donc appuyé sur ce bouton magique?! Ces pages 99 et 100 évoquent donc pile le début de l'intrigue.

Verdict?

Mitigé. Le concept de machine à remonter le temps est séduisant. On a envie de savoir ce qu'il s'est passé en Argentine, ce que cache cette enquête qui aurait "propulsé la carrière" d'Andrew, s'il saura empêcher son agression fatale... Mais le déjà-vu traité dans l'histoire sonne comme... du déjà-vu. Les répliques manquent de percutant. Les monologues intérieurs sont un peu plats. Et l'action -absente au moment de la lecture- ne nous donne pas forcément envie de la poursuivre.