Quel est ce collectif des créatrices de bande dessinée contre le sexisme qui a lancé un appel au boycott?
Il rassemble plus de 200 dessinatrices et scénaristes. Nous sommes avant tout des auteurs, nous racontons des histoires, pas forcément pour les filles, et rejetons les qualificatifs comme "girly" ou "bédé de femme". Le grand prix d'Angoulême est un prix de consécration, peu d'entre nous y prétendent, et 90% des votants sont des hommes. Mais il serait temps de réparer l'injustice et de récompenser de grands noms féminins.
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Quelles sont les retombées de cette polémique?
Les acteurs de la bande dessinée et les institutions ont été amenés à se poser des questions. Il y aura moins de paroles maladroites, d'oublis... Mais une polémique qui débouche finalement sur "on annule tout" relève davantage de l'acte de panique que d'une attitude volontariste. [Depuis, Claire Wendling fait partie des trois finalistes avec Alan Moore et Hermann].
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Pourquoi avez-vous lancé au début de janvier les Culottées, un blog dessiné?
Je lis beaucoup de biographies, j'accumule des docs, je farfouille sur Internet. Et j'ai eu envie d'attirer l'attention sur des presque anonymes qui, à leur façon et dans leur contexte, se sont opposées à ce que la société leur imposait. Par exemple, une championne de natation du début du XXe qui a fait scandale en portant un maillot de bain moulant... Les Culottées ne retracent que des destins de femmes, je l'ai fait sans calcul. Forcément, elles ont dû affronter plus d'adversité. Pour transgresser les codes, il leur a fallu deux fois plus de culot.
