Pendant la Révolution culturelle, la Chine était comme tous les pays d'alors: elle pensait aussi à l'espace. C'est sur cette idée que débute Le Problème à trois corps. Sur une scène de répression, en 1967, où les acteurs, fanatiques, sont "plus fous que la folie elle-même". Un éminent chercheur vient d'être lynché par les gardes rouges pour "idéalisme réactionnaire".
NOTRE DOSSIER >> Science-fiction
Pour sa fille astrophysicienne, ce sera une "rééducation" dans une base secrète abritant un programme de recherche sur les civilisations extraterrestres. Elle parvient alors à envoyer au loin un message contenant des informations sur la civilisation humaine. Ce signal est intercepté par les Trisolariens, qui s'apprêtent à abandonner leur planète.
Réflexion saisissante sur la destinée humaine
Quarante ans après, dans une Chine désormais partie intégrante de la mondialisation, un spécialiste en nanomatériaux est confronté à des phénomènes troublants, non sans rapport avec les faits précédents. Que s'est-il passé entre-temps?
Avec son (beau) titre, référence à une vraie théorie scientifique, le Chinois Liu Cixin rend hommage à une SF à l'ancienne: celle des aliens, de la science, des machines. Mais il y ajoute une dimension d'espionnage et une réflexion stratégique éminemment actuelles. Cette dystopie politique est une réflexion saisissante sur le déterminisme et la destinée humaine à l'heure de la réalité virtuelle. Premier tome d'une trilogie qui a connu un grand succès en Chine, Le Problème à trois corps est une sacrée secousse. Vivement la suite. Le futur, donc.
Le Problème à trois corps (San Ti) par Liu Cixin, traduit du chinois par Gwennaël Gaffric, 432p., Actes Sud, 23¤.

Le Problème à trois corps (San Ti) par Liu Cixin, traduit du chinois par Gwennaël Gaffric, 432p., Actes Sud, 23€.
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