Arnaud Dudek a bientôt 33 ans. Il "consent à vieillir mais essaie de lutter. A [sa] manière". Notamment, écrit-il, en gardant sa capacité d'émerveillement. Pour le reste, la sagacité, le don d'observation, la finesse d'analyse, l'ironie, qu'il ne s'inquiète pas ! Si l'on en croit Rester sage, son premier roman, l'homme a de la ressource. Au centre de la scène, deux personnages principaux : Martin, la trentaine, qui vient de perdre coup sur coup sa femme (envolée avec un beau blond) et son job d'employé d'une agence de voyages, entend bien tout remettre à l'endroit. Mais comment ? Face à lui, son ancien copain d'école, jamais prénommé, cadre un rien désabusé d'une ONG. Ils ne se sont pas vus depuis dix ans. Depuis, la vie se fait de plus en plus grinçante, la mère foldingue de Martin est morte... Entre deux digressions sur les Escalator, les cigarettes ou encore les licenciements en cascade, Arnaud Dudek relève, habilement, travers, petitesses et renoncements de notre époque. Aussi court qu'efficace !