On se réveille un beau matin et Amélie Nothomb, 49 ans déjà, publie son 25e roman... Le pire, c'est qu'on ne s'en lasse pas. Comme si la musique nothombienne permettait de rester éternellement jeune. Un sentiment renforcé par l'appétence de la romancière belge pour les contes de notre enfance.

Contre-aphorismes cinglants

C'est avec le Riquet à la houppe de Perrault que l'auteur d'Hygiène de l'assassin a choisi cette année de nous amuser. Dans le rôle de la "bête", Déodat, fils d'Honorat et d'Enide, qui "se résignèrent à l'aimer" malgré sa laideur; et dans celui de la "belle", Trémière, fille de Lierre et de Rose.

Il faut attendre la fin du récit pour que, en dépit des stupides préjugés de notre société, le destin réunisse nos deux tourtereaux contemplatifs, mus par le même amour des oiseaux. Entre-temps, Amélie, gaie comme un pinson, aura distillé son lot de bons mots, de contre-aphorismes cinglants et d'espiègles pépiements.

Riquet à la houppe, par Amélie Nothomb. Albin Michel, 198 pages, 16,90 euros.