La fièvre monte parmi les candidats aux lauriers littéraires d'automne, un marathon unique au monde qui débute jeudi par le Grand prix du roman de l'Académie française, en attendant le Goncourt le 4 novembre.

Le Renaudot sera proclamé le même jour que le Goncourt, le plus convoité des prix et meilleur gage de ventes dopées. Le prix Décembre sera attribué le 5 novembre, les prix Femina (français et étranger) le 6, les prix Médicis (français et étranger) le 12 et l'Interallié le 13 novembre.

En lice jeudi sous la Coupole, trois romans à l'humeur vagabonde: Apollinaria, de Capucine Motte (Lattès), Plonger, de Christophe Ono-dit-Biot (Gallimard), également pressenti pour le Renaudot, et Les Evaporés, de Thomas B. Reverdy (Flammarion), aussi en lice pour le Prix Décembre.

Au revoir là-haut

Après l'Académie, la course reprendra de plus belle. Sur la ligne de départ, des auteurs reconnus, des révélations et des outsiders. D'ultimes sélections sont néanmoins attendues et certains seront éliminés du sprint final. Parmi les favoris qui se dessinent, un roman haletant à la veine picaresque, Au revoir là-haut de Pierre Lemaitre (Albin Michel). Première incursion hors du polar de cet écrivain de 62 ans, ce roman a captivé à ce jour les jurés du Goncourt, du Renaudot, du Femina et de l'Interallié.

Autre récit sur fond de guerre et autre révélation, Arden, de Frédéric Verger (Gallimard), a séduit les jurés Goncourt, Médicis et Décembre. Renaudot, Médicis et Femina sont en ligne de mire pour le romancier libanais et professeur de lettres françaises Charif Majdalani, avec sa fresque romanesque, Le dernier seigneur de Marsad (Seuil).

Dans ce concert très masculin, deux romancières se détachent

Parmi les autres "multisélectionnés" à ce jour, Le cas Eduard Einstein, de Laurent Seksik (Flammarion), en lice pour le Goncourt et le Femina, La conjuration (Fayard) de Philippe Vasset, retenu par le Femina, le Médicis et l'Interallié, Sulak, de Philippe Jaenada (Julliard), en piste pour le Renaudot et l'Interallié, et Naissance (Grasset), de Yann Moix, sur la liste du Renaudot et du prix Décembre.

Dans ce concert très masculin, deux romancières se détachent: Karine Tuil avec L'invention de nos vies (Grasset), pressentie pour le Goncourt et l'Interallié, et Véronique Ovaldé avec La grâce des brigands (L'Olivier), pour le Renaudot et le Femina. Côté étranger, le superbe premier roman du Britannique Patrick McGuinness, Les cent derniers jours (Grasset), qui nous emporte dans la Roumanie de Ceaucescu, figure parmi les favoris du Médicis et du Femina, tout comme Confiteor, de Jaume Cabré (Actes Sud), traduit du catalan. Plébiscités par la critique et retenus par le Femina, Canada, de l'Américain Richard Ford (L'Olivier), et Transatlantic, de l'Irlandais Colum McCann (Belfond), pourraient aussi décrocher la timbale.