Le Prix du Style récompensait jeudi 17 novembre au Palais du LuxembourgVéronique Bizot, pour son roman Un Avenir. Dans sa huitième année, ce jeune prix entend parler, comme nous a confié son fondateur Antoine Buéno, (l'homme du Petit livre bleu sur les Schtroumpfs) "de la particularité de fond du style et donc du devenir de la langue, et de la particularité de forme en proposant des lectures lors de la soirée de remise."

Comment un jury formé de talents aussi divers et variés que Frédéric Beigbeder, Macha Méril ou encore Guillaume Durand a-t-il pu s'entendre sur le choix d'une lauréate? Un Avenir s'est détaché face à cinq ouvrages, tous choisis pour leur "qualité stylistique": Nestor rend les armes de Clara Dupond-Monod, La Zonzon d'Alain Guyard, Grand Huit d'Isabelle Kauffmann, Ce que j'appelle oubli de Laurent Mauvignier et So long Luise de Céline Minard. L'historien Fabrice d'Alméida, membre du jury pour la première année, parle "d'alchimie du jury qui a succombé à la musique du roman de Véronique Bizot."

La lauréate s'est imposée sans chercher à affirmer un style, mais sans en manquer non plus; Véronique Bizot nous confie: "C'est très mystérieux le style. On n'en a pas conscience, nous, écrivains. On est incapable de se définir. C'est comme se définir physiquement, on ne peut pas même si on se regarde dans la glace. Je ne fais pas du tout attention à ça quand j'écris. Je fais plus attention à la voix, celle du personnage, qu'elle résonne."

La voix de son personnage Paul a en tout cas parlé au jury et a été fidèle à l'ambition de son auteur, celle de trouver le mot juste. Véronique Bizot concluera: "Ecrire, c'est chercher le mot juste, le plus juste possible." Et si c'était cela, le style: ni bon, ni mauvais, mais juste...