Pour le look. Les éditions Actes Sud jouent à fond l'identification avec Millénium : les jaquettes des trois polars de Camilla Läckberg, La Princesse des glaces, Le Prédicateur et, surtout, Le Tailleur de pierre, sont singulièrement ressemblantes à celles de la trilogie à succès de Stieg Larsson. Même liséré rouge, même fond noir, même poupée gothique en médaillon. Bien vu : Le Tailleur de pierre s'est déjà écoulé à 35 000 exemplaires en un mois seulement, les deux titres précédents totalisant plus de 300 000 exemplaires. Et tout comme pour les trois tomes de Millénium, ceux de Camilla Läckberg auront droit à leur coffret collector, en librairie le 12 novembre.
Pour l'atmosphère. Camilla Läckberg, 35 ans, entretient l'exotisme scandinave en choisissant pour décor récurrent la petite ville suédoise de Fjällbacka, avec sa place principale Ingrid-Bergman. Les frimas y sont interminables, les Larsson et les Persson en quantité et les tartines beurrées au kaviar (pâte d'oeufs de cabillaud salés). Le reste parle, forcément, aux femmes, à commencer par les personnages : jeunes mères dépressives, épouses confinées, belles-mères psychorigides, maris volages, enfants omniprésents. Les intrigues, elles, mêlent querelles de voisinage, rancoeurs familiales, violences conjugales, rapports de classe, pédophilie... C'est Desperate Housewives revu par Mary Higgins Clark !
Pour le suspense. Dans Le Tailleur de pierre, on retrouve le modus operandi ultra-efficace de la romancière : à partir de la mort d'une petite fille de 7 ans, elle procède par très courts chapitres et fréquents allers-retours dans le passé. Lequel explique, encore une fois, les drames du présent. Le résultat sent un peu le fabriqué mais l'écriture n'est pas désagréable. Une lecture idéale pour ne pas voir passer un dimanche sous la neige...