Nick Rodwell, époux de la veuve d'Hergé, Fanny, et administrateur de la société qui gère les droits de Tintin, s'en est pris vertement à plusieurs journalistes sur le site Tintin.com.

Son ire a été suscitée par des critiques sur la gestion de l'héritage artistique du père de Tintin, notamment les mesures de protection très strictes érigées autour de l'oeuvre, et sur la conception du récent musée Hergé. Pour la journaliste Sophie Flouquet, du Journal des Arts, il s'agit d'un "mausolée" plutôt que d'un "musée". Le lieu "oublie l'une des composantes majeures d'un musée: la médiation", ajoute-t-elle.

Nick Rodwell lui réplique de façon virulente: "Doit-on penser que, tout enfant, vous souffriez d'un problème d'identité sexuelle?" Au sujet d'Albert Algoud, de Canal+, et de son confrère de la chaîne publique belge RTBF Hugues Dayez, qui ont chacun un enfant autiste, il insinue: "Tentative d'interprétation: si on se passionne pour un sujet - Tintin en l'occurrence - et que l'on ne peut partager cela avec votre fils, on doit se retrouver immensément frustré ... et on se cherche un bouc émissaire." Le patron de Moulinsart SA traite également de "menteur" un journaliste du Figaro, Olivier Delcroix.

"Rodwell dérape sur Tintin.com", a déploré le journal francophone Le Soir, dont l'article a suscité une centaine de réactions en quelques heures.

"Ces propos indignes ont profondément heurté l'ensemble des journalistes et collaborateurs de l'entreprise", a réagi dans un communiqué la RTBF, qui "se réserve le droit d'envisager les suites à donner à ces écrits d'une époque que l'on croyait révolue". "Nick Rodwell ne supporte pas la critique quand elle n'est pas positive, mais ce n'est pas nouveau", a pour sa part souligné sur la RTBF Martine Simonis, secrétaire générale de l'Association des journalistes professionnels de Belgique.

Le site Tintin.com a ensuite annoncé la suspension du "blog de Nick". Mais le "beau-père de Tintin", comme l'a surnommé le site de la télévision privée RTL-TVI, n'entend pas s'excuser et se pose en victime. "Dans un esprit d'apaisement, nous avons décidé de supprimer les textes contestés ainsi que leurs commentaires, une bonne polémique oui, un lynchage, non." Mais "cela impliquait que tous les intervenants lisent dans leur intégralité les textes de Nick Rodwell, ce qui n'a manifestement pas été le cas de tous." peut-on lire dans un communiqué publié par Tintin.com sous le titre: "Tant de haine..."