Qu'avez-vous appris pendant cette année? A préserver l'essentiel. Je suis resté en retrait de tout ce qui s'est passé. Je me suis installé à Londres avec mon fils. Et j'ai fui les magazines people. J'ai refusé toutes les interviews qui ne concernaient pas mon roman. J'ai pris toute la joie qu'il y avait à prendre et je n'ai cédé à aucun mirage de la célébrité. Surtout, j'ai rencontré des gens formidables. J'ai eu le bonheur de voir mon livre proposé en lecture dans des classes et de recevoir le témoignage de gens qui me disaient: «Vous m'avez redonné le goût de lire.» J'ai reçu 6 000 lettres et j'ai répondu à chacune d'elles. L'une disait: «Je n'avais plus le courage d'aimer. Grâce à vous, j'ai retrouvé l'envie d'aimer.» Je crois que si le roman a marché, c'est parce qu'il offrait aux gens des raisons d'espérer. Ils en ont marre de la critique négative.

Avez-vous changé? Non. D'entrée de jeu, j'avais vu le piège qui aurait été d'oublier qui j'étais. Ma chance, c'est d'avoir eu du succès à 40 ans, car j'ai senti chaque barreau de l'échelle que je gravissais.

Où en est le film avec Spielberg? J'ai lu le scénario de Ron Bass, qui est excellent et très fidèle. Le tournage était programmé pour mars, mais la grève des acteurs américains a ralenti le casting. Aucun comédien ne peut signer à l'heure actuelle.

Avez-vous prévu une suite? Ce n'est pas une suite. C'est une nouvelle histoire d'amour qui s'inscrit dans la continuité d'Et si c'était vrai... Ça s'appelle La Part des choses et l'on n'y retrouvera qu'un seul personnage connu. Cela se passe entre 1974 et aujourd'hui au Honduras et aux Etats-Unis.