Comment les éditeurs travaillent-ils sur les premiers romans? Viviane Hamy ou Jean-Marc Roberts préfèrent choisir des textes qu'ils publieront sans retouches. «Ce sont parfois les livres suivants qui sont plus retravaillés car je connais mieux l'auteur», précise Viviane Hamy. Dans ce cas, elle suggère mais n'écrit rien en marge, préférant un échange verbal.
Jean-Marie Laclavetine donne un exemple sur une page de manuscrit, relevant des tics de langage ou des lourdeurs, puis il laisse l'auteur travailler seul. A L'Olivier, on aime passer le texte au peigne fin en compagnie de l'écrivain. Mais s'il refuse, il reste maître à bord.
Ce travail de toilettage ou d'accompagnement est pratiqué également pour des textes qui ne seront pas publiés mais intéressent l'éditeur sentant poindre le talent derrière les maladresses. A vouloir trop en dire, il faut parfois alléger ou resserrer.
Cette partie souterraine du métier d'éditeur est essentielle pour l'écrivain en herbe, perdu dans ses doutes et ses illusions. Sans se transformer en atelier d'écriture, cet échange permet d'avancer, de progresser. «On ne peut pas guider un écrivain, mais on peut l'accompagner, lui faire comprendre qu'on attend son livre», souligne Paul Otchakovsky- Laurens.