Avec Le Déclic ou Le Parfum de l'invisible, Manara le libertin a donné à la bande dessinée érotique sa crédibilité: légèreté, glamour, humour, esprit littéraire. Si le Robbe-Grillet des bulles a souvent tourné en rond, il a aussi su trouver quelques échappées belles. Hier, ses collaborations avec Federico Fellini ou Hugo Pratt ont donné des aventures pleines d'action et d'ironie. Aujourd'hui, Vincenzo Cerami, scénariste de cinéma (Bellocchio, Bertolucci, Benigni), l'entraîne sur des affaires ?dipiennes et plonge une belle plante en robe mini dans les eaux du thriller. Les Yeux de Pandora sont un album malicieux au noir et blanc soigné, mais qui patine parfois, car Cerami exploite plusieurs pistes de front. Toutefois, le style de Manara est là. L'art du regard. L'élégance du trait. Le ton. Et la comédie de m?urs grinçante se profile sans cesse derrière le mélo mineur.