L'hostilité qui entoure les tsiganes a évolué au cours de ces dernières décennies: ils ne sont plus considérés comme des «vagabonds» ou des «voleurs», mais ils demeurent complètement marginalisés. Ils partagent le sort de la plupart des immigrés mais ils subissent des discriminations supplémentaires en raison de leur mode de vie itinérant.
Selon Hugues Moutouh, l'intégration passe par la connaissance de l'Autre et l'acceptation de sa différence. Son essai présente donc brièvement ce qui fait la singularité des tsiganes: migrations successives, diversité des origines et de la langue... Le point de vue n'est ni historique ni ethnologique, Hugues Moutouh aborde la «question tsigane» dans la société moderne occidentale. Juridiquement, la communauté des gens du voyage est placée sous le signe historique de la répression: les rares lois établies ont contribué à l'institutionnalisation d'un racisme.
Aujourd'hui, de récents efforts développent les notions d' «accueil» et de «cohabitation harmonieuse» dans la législation. Mais de gros progrès restent à faire car la situation des tsiganes n'est soulagée que par quelques aides sociales ponctuelles et ne fait l'objet d'aucune politique globale. C'est le problème majeur des gens du voyage, «minorité transnationale sans référence territoriale» qui, à l'heure de l'ouverture des frontières et de la libre circulation, est, par définition, un peuple européen.